Coup de frein à la croissance dans la zone euro

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La croissance a nettement ralenti au dernier trimestre de l'an dernier, à 0,4% seulement. Mais à 2,7% sur l'ensemble de l'année dernière, la progression est plus forte qu'aux Etats-Unis. Cela n'empêche pas la Banque centrale européenne de s'inquiéter pour l'avenir.

Il fallait s'y attendre: la croissance, dans la zone euro, a eu tendance à s'essouffler ces derniers temps, sous l'effet du ralentissement économique américain et de la crise sur les marchés financiers. De fait, sur le dernier trimestre de 2007, la croissance a nettement ralenti, enregistrant une progression de seulement 0,4% contre 0,8% au trimestre précédent.

En France, le chiffre s'affiche à 0,3%, contre 0,8% au troisième trimestre. De son côté, le PIB allemand enregistre une progression similaire (0,3%), contre 0,7% au trimestre précédent. Enfin, l'Espagne, dont on craignait le fort ralentissement du fait de l'affaissement des prix immobiliers ces derniers mois, n'a pas encore subi tout l'impact de ce phénomène, puisque l'activité économique a progressé de 0,8% sur les trois derniers mois de 2007, contre 0,7% sur les trois précédents.

Sur l'ensemble de l'année passée, la croissance économique de la zone euro s'affiche à 2,7%. Ce qui en soit constitue une belle performance, et surtout une progression plus forte qu'aux Etats-Unis. La performance américaine n'a été que de 2,2% sur l'année passée et de 0,2% au dernier trimestre (contre 1,2% au troisième). Du jamais vu depuis 2001...

De quoi pavoiser? Pas vraiment. Si dans toute l'Union européenne, les pays en rattrapage, tels que ceux de l'Europe de l'Est, ont permis à la croissance de s'afficher à 0,5% au dernier trimestre de l'an dernier et à 2,9% sur tout 2007 (contre 3% en 2006), les autorités monétaires restent on ne peut plus prudentes.

A cet égard, la Banque centrale européenne (BCE) vient de réitérer ce matin ses inquiétudes en ce qui concerne l'activité économique pour la zone euro. Certes, les fondamentaux économiques restent "sains", a estimé la BCE dans son bulletin mensuel, mais il n'en reste pas moins que "l'incertitude concernant les perspectives pour la croissance est inhabituellement élevée". Le bulletin fait ainsi écho aux propos tenus par son président, Jean-Claude Trichet, il y a quelques jours.

Si le patron de la BCE a la réputation d'être obsédé par toute hausse du coût de la vie - ce qui plaide en faveur d'un statu quo sur les taux d'intérêt - il a cette fois-ci plutôt mis l'accent sur la crise financière et l'envolée des prix du pétrole et des matières premières. Autant d'éléments de nature à faire dérailler la croissance. Et qui militent donc pour une baisse des taux d'intérêt. Certains l'envisagent dès le deuxième trimestre.

Toujours est-il que pour l'instant, la BCE mise sur une croissance de 2% du PIB de la zone euro cette année. Un pronostic qui pourrait d'ailleurs être revu - à la baisse. Ne serait-ce que parce que les économistes européens dans leur ensemble ont plutôt une estimation de 1,8% (contre 2,1% auparavant) en matière de croissance cette année. Elle descend à 2% contre 2,2% pour 2009.

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