Faussaires de force

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"Les faussaires" retrace un épisode peu connu de la 2ème guerre mondiale. Des détenus juifs sont enrôlés par les nazis dans une mission stratégique: fabriquer de la fausse monnaie (livres et dollars) pour couler l'économie des alliés. Un huis-clos puissant et glaçant signé du réalisateur autrichien Stefan Ruzowitzky.

Longtemps, cet épisode sera resté l'un des secrets les mieux conservés de la deuxième guerre mondiale. Des Allemands ont monté une gigantesque opération de contrefaçon monétaire en mettant à contribution (forcée) des faussaires juifs talentueux travaillant dans un camp de concentration. Même au procès de Nuremberg, l'opération Bernhard n'a pas été dévoilée: l'économie britannique, inondée de fausses livres (trois fois les réserves officielles de la Grande-Bretagne) aurait encore ressenti l'onde de choc de cette révélation!

Le réalisateur autrichien Stefan Ruzowitzky présente avec un sobre réalisme cette incroyable histoire. Bichonnés par les nazis, totalement isolés des autres déportés du camp de Sachsenhausen, les 140 imprimeurs, typographes, illustrateurs sont tiraillés entre deux sentiments extrêmes: la volonté de survie dans la collaboration et l'honneur dans la résistance. Un conflit dramatique qui trouve son illustration dans l'opposition entre le maître faussaire Salomon Sorowitsch (Karl Markovics, sombre et passionné) tout excité par ce défi technologique à relever (sortir des livres puis des dollars) et un idéaliste qui veut saboter "le sale boulot".

Le film est un huis-clos puissant au coeur d'une "cage dorée", selon l'expression même des détenus, implantée au centre d'un camp de déportation. Une autre vision de l'Holocauste, moins manichéenne mais tout aussi glaçante.

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