Hugo Chavez menace l'Europe de lui couper le robinet du pétrole

Le chef d'Etat vénézuélien réagit à l'adoption par le parlement européen de la "directive retour" durcissant la réglementation contre l'immigration clandestine. Hugo Chavez menace aussi de s'en prendre aux investissements europoéens.

Nouvelle saillie du "caudillo" vénézuélien ! Hugo Chavez a menacé jeudi de mettre fin aux livraisons de pétrole vers les pays européens, si ces derniers appliquent la "directive retour" aux étrangers en situation irrégulière. Ce texte, adopté mercredi au parlement européen, fixe à dix-huit mois la durée du placement en rétention des immigrés clandestins et prévoit à leur encontre une interdiction de séjour de cinq ans en Union européenne.

"Nous ne pouvons pas rester les bras croisés", a affirmé Chavez lors d'une rencontre au Venezuela avec le président-élu du Paraguay. "Pour chaque pays européen qui appliquera cette directive, nous allons... enfin, nous n'allons pas suspendre les relations, mais c'est bien simple, à tout le moins, nous cesserons de leur envoyer notre pétrole", a-t-il déclaré.

Hugo Chavez a également menacé de mettre un terme aux investissements de ces pays au Venezuela et annoncé qu'il dresserait la liste de leurs intérêts dans son pays. "Nous sommes prêts à le faire dès maintenant", a-t-il assuré. "Au moins, ici, au Venezuela, ils ne nous manqueront pas."

Le président vénézuélien menace fréquemment de suspendre les exportations de pétrole, mais ces propos n'ont encore jamais été suivis d'effet. Les Etats-Unis, principal client du pétrole vénézuélien, sont la cible la plus fréquente de Chavez.

En ce qui concerne l'Europe, la menace de Chavez doit être relativisée. Selon les experts, en effet, le pétrole vénézuélien ne représenterait que 1% des importations pétrolières communautaires.

Les cimenteries définitivement nationalisées
Le Venezuela a officiellement adopté jeudi le décret de nationalisation des cimenteries opérant jusqu'à présent sous contrôle des groupes français Lafarge, suisse Holcim et mexicain Cemex. Le décret, paru au journal officiel, prévoit la transformation des filiales de ces groupes en "entreprises publiques", l'Etat détenant une part minimum de 60% du capital. L'activité de ces cimenteries est déclarée d'"utilité publique" et d'"intérêt social". Numéro trois mondial, Cemex produit quelque 4,7 millions de tonnes annuellement, soit environ la moitié de la production vénézuélienne. Holcim et Lafarge se partagent à parts à peu près égales le reste du marché. Le tribunal suprême du Venezuela avait rendu lundi un avis favorable au décret de nationalisation, estimant que le secteur de la cimenterie constituait une "valeur stratégique pour le développement économique et social du pays".

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