Le secteur bancaire sous pression en Bourse

Merrill Lynch, Lehman Brothers à Wall Street et Barclays à Londres ont encore connu une séance boursière difficile ce vendredi. Les analystes estiment que ces banques vont devoir encore faire appel au marché pour faire face à leurs pertes. A Paris, les valeurs ont évolué en ordre dispersé, Dexia et Natixis étant les plus touchées par la baisse.

Merrill Lynch, Barcalys, Lehman Brothers ... depuis plusieurs semaines, ses titres font parler d'eux en Bourse. Et cela risque bien de durer car les mauvaises nouvelles sont loin d'être terminées pour les valeurs du secteur bancaire.

Jeudi, Goldman Sachs a jeté un coup de froid sur le secteur financier en abaissant sa recommandation sur le secteur, les analystes de la banque américaine estimant que Citigroup et Merrill Lynch auraient besoin de lever davantage de fonds pour faire face à leurs pertes. Or pour beaucoup d'investisseurs, il va devenir plus difficile pour les institutions financières de lever des fonds.

Ce vendredi c'est au tour de Lehman Brothers d'en remettre une couche: la banque estime que Merrill Lynch va sans doute devoir inscrire au deuxième trimestre 5,4 milliards de dollars de dépréciations d'actifs liées à des produits structurés. De plus, Lehman anticipe une perte annuelle par action de 2,99 dollars contre une perte de 0,53 dollar estimée précédemment. Le courtier a par ailleurs réduit son objectif de cours, à 44 dollars contre 47 dollars. A mi séance à Wall Street, le titre Merrill Lynch perdait près de 2% à 32,4 dollars.

Pour Lehman Brothers, les nouvelles ne sont pas meilleures. La valeur perd 2% à 22,18 dollars à mi-séance, un analyste de la société Ladenburg Thalmann ayant revu à la hausse son estimation de perte pour la banque d'affaires et réduit de trois dollars son objectif de cours, désormais fixé à 27 dollars.

Enfin du côté de Barclays, les analystes de Citigroup estiment que la banque britannique pourrait avoir besoin de lever neuf milliards de livres supplémentaires en capital (11 milliards d'euros) et passer de nouvelles dépréciations alors que les conditions du marché du crédit continuent de se détériorer. Barclays a déjà cette semaine levé 4,5 milliards de livres auprès d'investisseurs dont le Qatar et le japonais Sumitomo Mitsui. "Nous estimons que cela laisse la société en manque de capital par rapport à ses homologues", écrivent les analystes de Citigroup à propos de cette opération.

Selon la banque, Barclays aurait besoin de 6,6 milliards de livres de fonds propres supplémentaires pour atteindre la même position en capital que la Royal Bank of Scotland et de 8,6 milliards de livres pour atteindre la moyenne du secteur bancaire européen. Barclays, qui a perdu plus de cinq milliards de dollars d'actifs en raison de la crise des subprimes et du crédit, a indiqué la semaine dernière qu'il prévoyait de lever des milliards de livres pour réaménager sa base en capital. Citigroup a maintenu son conseil de vente sur l'action et réduit son objectif de cours de 350 à 275 pence. A la Bourse de Londres, Barclays perdait 1,56% 299 pence.

A Paris, le secteur bancaire a évolué aussi en ordre dispersé. Dexia a perdu 4,18% à 10,08 euros. BNP Paribas a abandonné 1,84% à 57,91 euros devant la Société Générale (-0,34%) à 55,10 euros. Natixis accuse une lourde chute de 5,71% à 7,43 euros. Jeudi, ses deux actionnaires ont décidé de lui apporter 1 milliard d'euros. Seul le Crédit Agricole est dans le vert avec un gain de 1,13% à 13,41 euros.

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