Nicolas Sarkozy remet en cause les quotas de pêche

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Le chef de l'Etat a annoncé samedi vouloir supprimer les quotas de pêche. Une initiative surprise qui intervient juste un mois après la signature par la France du nouvel accord européen durcissant le régime des quotas.

C'est une surprise totale: Nicolas Sarkozy a affirmé samedi vouloir en finir avec les quotas de pêche. Le chef de l'Etat, qui s'exprimait à l'occasion d'une visite au port de Boulogne-sur-mer, a semblé revenir ainsi complètement sur les accords signés par la France et ses partenaires européens voici tout juste un mois sur le renouvellement de ces mêmes quotas.

Conçus pour sauver les espèces de poissons menacées de disparition, les quotas de pêche ont fait l'objet d'un grand accord européen signé le 19 décembre dernier par les 27 ministres européens de la pêche. Un accord approuvé par la France donc, et même avec enthousiasme, puisque le ministre français de la Pêche Michel Barnier avait alors annoncé qu'il serait rigoureusement appliqué. "Je serai totalement intransigeant, la justice le sera plus que moi encore, sur ceux qui ne respectent pas la règle", avait-il alors déclaré.

Samedi dernier, le président de la République est donc allé complètement en sens inverse. "La France va présider l'Union Européenne du 1er juillet au 31 décembre, c'est une opportunité pour sortir de l'affaire des quotas", a-t-il affirmé devant 200 à 300 marins pêcheurs. Selon lui, il y aura "un dialogue très approfondi et très fort avec la Commission européenne sur la question des quotas", commençant dès la fin du mois.

Pour le chef de l'Etat, "il faut apporter une réponse beaucoup plus souple aux problèmes de la pêche que celle des quotas et cela quelles que soient les espèces et les lieux de pêche". "On ne peut plus avoir d'un côté les scientifiques, de l'autre les pêcheurs, ce n'est pas possible. La pêche est globale et les premiers à défendre la ressource sont les pêcheurs", a-t-il ajouté.

L'accord du 19 décembre a fixé les totaux admissibles de captures (TAC) et leur répartition en quotas par Etat membre pour 2008. Cet accord édulcorait les propositions présentées par la Commission européenne et encore davantage les demandes des scientifiques qui jugent des mesures radicales nécessaires si on veut préserver les espèces.

Le cabillaud, en tête de l'ordre du jour, voyait son quota de pêche baisser globalement de 18% par rapport à 2007 dans la majeure partie des zones, à l'exception de la mer du Nord, où le quota avait été relevé de 11%. Les scientifiques estiment depuis des années que la surpêche au cabillaud est telle qu'il est menacé d'extinction.

La visite présidentielle à Boulogne faisait suite à la présentation mercredi dernier d'un plan d'aide national de 310 millions d'euros à la profession, destiné à compenser les effets de la hausse du prix du carburant, annoncé en novembre dernier lors d'une première visite présidentielle houleuse au Guilvinec. Ce plan porte sur la sécurité des pêcheurs, la valorisation des métiers de la mer et se propose d'optimiser la gestion de la ressource en poisson en précisant au mieux les quantités de stock par espèce.

La grogne ne se calme pas dans la profession française qui se dit asphyxiée par la hausse du carburant et a subi dernièrement de surcroît plusieurs accidents de mer mortels. Les marins pêcheurs de Boulogne et Etaples avaient bloqué mercredi quelques heures les ports de Calais et Boulogne. La France compte environ 24.000 marins embarqués à bord de 8.000 bateaux, auxquels s'ajoutent 70.000 personnes vivant de la mer.

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