Parti socialiste : François Hollande plaide en faveur d'un "nouveau Bretton Woods"

A l'occasion du discours de clôture de l'université d'été du PS ce dimanche à La Rochelle, François Hollande, premier secrétaire, a proposé une conférence financière façon "Bretton Woods" pour résoudre la crise financière. Alors que sa succession se discute, il a aussi déclaré travailler pour qu' "une nouvelle étape s'ouvre" au sein du PS.

C'est un "nouveau Bretton Woods" (en référence à la conférence tenue en juillet 1944 aux Etats-Unis qui avait abouti à la création du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale) que François Hollande, premier secrétaire du PS a proposé aux militants du parti réunis à l'occasion de l'université d'été ce dimanche à La Rochelle.

La mise en place d'une telle conférence financière est destinée à "coordonner les politiques monétaires et la régulation du système financier" face à la "crise générale, globale qui touche tous les continents". Outre la question de "la stabilité des parités euro/dollar, le premier secrétaire du PS a proposé "un renforcement des institutions financières internationales et des organismes de contrôle des banques".

Il a également souhaité "une réorientation de la construction européenne autour de la coordination des politiques économiques, d'une politique commune de l'énergie et la création d'un grand emprunt pour financer les PME, le logement et les investissements".

François Hollande préconise également "le soutien à la production agricole des pays en développement et une réforme de la PAC (politique agricole commune)" ainsi qu'un "plan de développement des énergies alternatives et de réduction de la dépendance pétrolière". "Il faut prendre la dimension de la gravité de cette crise, ne pas la sous-estimer comme la droite l'a fait depuis un an car elle signe l'échec de sa logique", a-t-il soutenu. Pour lui, "les dérèglements que nous vivons sont la conséquence de choix politiques: dérégulation des marchés, financiarisation de l'économie, désengagement des autorités publiques, privatisations, mises en concurrence des services publics...".

"Une nouvelle étape s'ouvre" pour le PS

Concernant l'avenir et les orientations à venir pour le parti socialiste, François Hollande a déclaré: "Je ne suis pas dans le discours "je lègue un héritage", je suis là pour qu'une nouvelle étape s'ouvre, c'est ça que je veux faire". Il a souhaité que son parti, "en ce moment difficile pour les Français, fasse preuve de cohésion". "Il y a du travail à faire. Chacun doit prendre ses responsabilités. Nous ne sommes pas là pour choisir l'un ou l'une (qui me succèderait, ndlr), mais pour que ça corresponde à une dynamique collective", a-t-il souligné. Le député de Corrèze a appelé les socialistes à "partir de l'acquis" de succès électoraux comme les municipales de mars dernier, "pour (se) projeter vers l'avenir". "Si les socialistes essaient de voir la poutre dans l'oeil du voisin putôt que de regarder ce que nous pouvons bâtir ensemble, alors les Français peuvent se détourner de nous. C'est pourquoi, a-t-il poursuivi, mon rôle c'est d'appeler à la cohésion, à la cohérence, à des choix clairs". "Il faut un peu plus d'âme collective", a-t-il ajouté. Il a jugé "normal" que dans la préparation d'un congrès, "il y ait des rencontres, des discussions, des éventuelles convergences" car "c'est une organisation démocratique, le Parti socialiste".

"Il me reste à vous dire deux mots, a-t-il conclu: merci du fond du coeur pour avoir fait que le Parti socialiste est là" et "à demain pour le combat et l'offensive au service des Français". Un discours acclamé debouts par plusieurs milliers de socialistes au premier rang desquels les anciens premiers ministres Pierre Mauroy et Michel Rocard, ainsi que Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Pierre Moscovici, prétendants déclarés ou potentiels à sa succession prévue dans dix semaines.

Succession au sujet de laquelle le premier secrétaire a relevé que "tous ceux qui sont candidats pour l'instant étaient d'ailleurs dans la majorité du PS. Donc ils en sont forcément comptables et responsables même s'il faut qu'il y ait un changement". A ceux qui disent que le PS "n'a pas assez travaillé" ces dernières années, il a répondu que "ce qu'il faut, c'est faire du bon travail (...) travailler mieux, pas forcément travailler plus".

Alors que n'émerge pour l'heure aucun leader naturel et consensuel, la bataille pour le leadership du parti s'intensifie en coulisses. Si Ségolène Royal, candidate au poste de premier secrétaire, a tenu le haut du pavé vendredi, en lançant un appel aux socialistes - "aimez-vous les uns les autres ou disparaissez!" - samedi c'était au tour de Martine Aubry de tenir la vedette. Non encore candidate officielle, la maire de Lille voit s'ébaucher pourtant autour de son nom une alliance allant des fabiusiens aux strauss-kahniens et à Arnaud Montebourg. "Il faut un chef d'équipe qui a une épaisseur", et "Martine, si elle accepte et si le collectif le décide, peut jouer ce rôle", a affirmé Laurent Fabius à la presse. "La semaine qui vient va être décisive", souligne le fabiusien Claude Bartolone, alors que le temps presse à l'approche de la date-limite du 23 septembre pour le dépôt des motions sur lesquelles voteront les militants.

De son côté, Bertrand Delanoë, qui a déjà annoncé sa candidature, est selon les sondages la personnalité préférée des Français et des sympathisants PS pour prendre la tête du parti. Le maire de Paris a mis en garde contre la transformation du PS en "un parti de supporteurs, un fan club", une critique à peine voilée de sa concurrente. Dans un vibrant plaidoyer pour l'écologie, il a affirmé que "désormais, pour être socialiste, nous devons être écologistes".

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