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Près de 11% de baisse pour France Télécom en deux séances

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Publié le 18 avril 2008 à 00:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:58

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Deuxième séance consécutive dans le rouge pour l'action France Télécom et presque 11% de perdus. Le directeur financier de France Télécom a reconnu ce jeudi que l'opérateur télécom scandinave TeliaSonera est bel et bien une cible possible pour son homologue français, au même titre que le norvégien Telenor.

Les propos se suivent et se... précisent. Aux informations du quotidien Le Figaro publiées mercredi selon lesquelles France Télécom via Orange - nouvelle dénomination de France Télécom - examine la possibilité d'avaler son homologue scandinave TeliaSonera, l'opérateur français, par le truchement de son directeur financier Gervais Pellissier, a admis ce jeudi dans les colonnes du Financial Times étudier diverses possibilités d'acquisitions dont celle de TeliaSonera mais aussi celle du norvégien Telenor. Et de préciser néanmoins que son groupe n'est "pas pressé".

Très présent dans la téléphonie mobile dans une douzaine de pays d'Europe du nord et de l'est, mais aussi en Asie du sud-est, Telenor pèse environ 22 milliards d'euros en Bourse. TeliaSonera est quant à lui valorisé autour de 30 milliards d'euros. Il apparaît comme une pépite avec une rentabilité supérieure à celle d'Orange. Son bénéfice d'exploitation en 2007 est de 2,7 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires de 10,6 milliards. Orange pour sa part, a dégagé dans le même temps, un bénéfice d'exploitation de 10,8 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires de 53 milliards. Pour l'heure, TeliaSonera s'est refusée à tout commentaire sur ces rumeurs. Même discours pour Telenor qui a toutefois ajouté dans un courriel envoyé à l'Agence France Presse que "la politique de participations du gouvernement figure du reste dans un Livre blanc". Or, dans ce Livre blanc en date du 8 décembre 2006, le gouvernement de centre-gauche stipule qu'il "conservera les participations étatiques dans les sociétés importantes comme Telenor, Norsk Hydro et DnB NOR". "Telenor doit rester une entreprise norvégienne, avec son siège et ses principales activités de recherche et développement en Norvège", y est-il précisé.

Telenor est très présent dans la téléphonie mobile dans une douzaine de pays sur des marchés mûrs comme en Europe du nord mais aussi dans des marchés émergents comme l'Europe de l'est et l'Asie du sud-est. L'acquisition de TeliaSonera, déjà évoquée mercredi par Le Figaro, serait en revanche, en théorie, plus réalisable dans la mesure où l'Etat suédois a annoncé son souhait de vendre sa part de 37,3% tandis que l'Etat finlandais laisse entendre que ses 13,7% ne sont pas un investissement stratégique.

Toujours est-il que les propos de Gervais Pellissier ne font que préciser davantage ceux apportés par Orange, mercredi. En effet, après le lacunaire "nous ne commentons pas les rumeurs", Orange, interrogé par Latribune.fr avait néanmoins rappelé les positions en terme de croissance externe de son président Didier Lombard prises à l'occasion de la présentation des résultats annuels du groupe le 6 février dernier. Celui-ci indiquait que "la politique d'acquisition restera sélective en visant principalement des cibles dans des marchés à fort potentiel". Les acquisitions seront donc envisagées selon trois axes: conforter la présence d'Orange sur les marchés émergents (Vietnam et Algérie notamment), se renforcer en Europe occidentale et acquérir des compétences dans des activités clés.

La réaction du gouvernement (l'Etat Français est actionnaire à hauteur de 27,4% dans le capital de France Télécom) était quant à elle, moins catégorique. Mercredi son porte-parole, Luc Chatel, déclarait lors du compte-rendu à la presse des délibérations du Conseil des ministres: "Le gouvernement s'exprimera sur le sujet le moment venu".

Il paraît par ailleurs difficile pour l'opérateur français de rester inactif pendant que ses concurrents européens réalisent des rapprochements dans le secteur, à l'instar de l'espagnol Telefonica qui a pris en 2007 une participation dans Telecom Italia, ou bien du leader européen, Deutsche Telekom, qui veut racheter 20% de la société grecque de télécommunications OTE.

Le Figaro écrivait que l'opération valorisait le groupe convoité à quelques 30 milliards d'euros en Bourse et qu'elle s'effectuerait via un échange d'actions. L'Etat français verrait sa participation diminuer, tandis que les Etats finlandais et suédois, qui contrôlent TeliaSonera, feraient leur entrée au tour de table du nouvel ensemble.

Du côté des analystes, ceux de la maison de courtage Natixis déclaraient que "France Télécom ayant massivement communiqué sur sa volonté d'investir dans les pays émergents, une opération en Europe pourrait être relativement mal perçue". Même circonspection pour le Crédit Mutuel-CIC, qui juge "peu crédible" le scénario évoqué par le Figaro, même si "le profil actuel de France Télécom en fait aujourd'hui le grand consolidateur européen idéal pour rumeurs en tout genre". "Autant nous croyons à une consolidation paneuropéenne entre grands opérateurs à long terme, autant (...) nous ne percevons pas France Télécom comme faisant partie d'une course au gigantisme forcené, mais plutôt comme un acteur ayant atteint une taille critique en Europe", argumente le Crédit Mutuel -CIC. Par ailleurs, Teliasonera présente un intérêt "limité" pour l'opérateur français, selon le CM-CIC, puisque la zone nordique, qui contribue à 79% du chiffre d'affaires du groupe scandinave, "est la plus concurrentielle d'Europe".

A la Bourse de Paris, la perspective d'une telle opération au montant si élevé inquiète assez natuellement les investisseurs. Ce jeudi l'action France Télécom était toujours dans le rouge avec une baisse de près de 4,79% à 19,86 euros, après avoir cédé 6,01% mercredi. L'action TeliaSonera, côtée à Stockholm, a s'est repliée de 0,60% après avoir bondi la veille de plus de 11%. Quant au titre Telenor, côté à Oslo, il a pris 1,75%.

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