Suppressions de postes à Amiens chez Goodyear-Dunlop

Le groupe a lancé un projet de réduction de la production de son site picard.

Goodyear-Dunlop a annoncé mardi vouloir mettre en oeuvre un projet de réduction de la production du site d'Amiens Nord (ex-Goodyear) qui entraînera la suppression de 402 emplois sur environ 1.400, après le refus syndical de signer un accord sur une réorganisation du travail.

"Le projet de plan dont les documents d'information ont été remis aux élus (mardi) consiste à réduire la production journalière de pneumatiques tourisme de 38% en 2008" et "se traduirait par la suppression, à compter du mois de septembre 2008, de 402 postes permanents" au sein de l'usine d'Amiens Nord, qui emploie environ 1.400 salariés, déclare la direction dans un communiqué.
Le projet de plan sera présenté aux représentants du personnel lors d'un comité central d'entreprise extraordinaire le 13 mai.

"Compte tenu de la baisse du marché des pneumatiques tourisme à faible valeur ajoutée en Europe de l'Ouest, de la non-compétitivité des ces productions de pneus tourisme à Amiens Nord et en l'absence de possibilité de mise en oeuvre du projet de modernisation, Goodyear Dunlop est contraint d'envisager sur le site d'Amiens Nord des baisses importantes de production à court terme", justifie la direction.

Contrairement à ceux de l'usine voisine d'Amiens Sud (ex-Dunlop), les syndicats de l'usine d'Amiens Nord ont refusé de signer un accord de réorganisation du travail en 4x8 qui prévoyait une organisation du travail en quatre équipes au lieu de cinq actuellement qui auraient alterné sur la base de 5 jours de travail et 2 jours de repos.
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On parle d'un projet, pour l'instant, mais je reste persuadé que la direction va revenir à la charge avec" le plan dit "4x8", a déclaré à l'AFP Michael Wamen, secrétaire CGT de l'usine.
Il s'est dit persuadé que la direction allait "se faire retoquer sévèrement par les tribunaux" avec ce projet de réduction de la production.

"Dès lors que le plan social sera terminé, il y aura une augmentation des coûts de 0,8%. Or un plan social, pour être valide et validé par la loi française, doit plutôt améliorer les résultats. Juridiquement, ce plan social risque de ne pas être valide", a-t-il estimé, jugeant que "rien (n'était) fait".

La signature de l'accord sur les 4X8 conditionnait la mise en oeuvre d'un plan d'investissement de 52 millions d'euros entre 2008 et 2011 sur les deux sites, qui aurait également entraîné la suppression de 500 emplois sur trois ans sans licenciement.
"La direction regrette de ne pas avoir pu mettre en oeuvre la totalité du projet de création d'un complexe moderne et compétitif à Amiens, du fait de la non-signature" de l'accord à Amiens Nord, poursuit le communiqué.

Lors d'une consultation interne en octobre 2007, la majorité des 2.700 salariés (64,55%) des deux sites avait refusé la mise en place de la nouvelle organisation du travail en 4x8.
Les syndicats CGT, FO, CFTC et CFE-CGC du site d'Amiens Sud (environ 1.300 salariés) avaient finalement entériné l'accord.

"Le site d'Amiens Sud a su sauvegarder son avenir, en signant l'accord le 17 mars dernier, ce qui permet de mettre en place le projet de modernisation sur ce site et de recevoir notamment 25,7 millions d'euros", conclut la direction du groupe.

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