La FSA sensibilise les banques de la City aux contrôles dans les salles de marché

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Après l'annonce par la Société Générale en janvier dernier d'une perte de trading de 4,9 milliards d'euros, l'Autorité britannique des marchés financiers (FSA) a consulté une cinquantaine de banques pour vérifier la qualité de leurs contrôles des risques.

L'affaire du "trader fou" de la Société Générale a été prise très au sérieux en Grande-Bretagne. Quelques jours après l'annonce, le 24 janvier dernier, par la banque de Daniel Bouton d'une perte de 4,9 milliards d'euros sur le marché des contrats futurs sur indices boursiers et d'une "fraude" de l'un de ses traders, Jérôme Kerviel, la Financial Services Authority, le gendarme des marchés et des services financiers britanniques, a passé en revue les systèmes de sécurité et de gestion des risques de quelque cinquante banques d'investissement installées en Grande-Bretagne.

Dans une note publiée mardi, la FSA indique que ses enquêteurs ont mené des discussions "informelles" avec des responsables bancaires pour s'assurer qu'aucun incident de cette ampleur ne puisse arriver à la City, principale place financière d'Europe. D'autant qu'à ses yeux, la très forte volatilité qui sévit actuellement sur les marchés financières a considérablement augmenté le risque de pertes importantes dans les salles de marché.

Tirant les premiers enseignements des événements survenus à la Société Générale, la FSA recommande par exemple que les traders soient incités à prendre chaque année au moins deux semaines d'affilée de congés. Une allusion directe au fait que Jérôme Kerviel n'avait quasiment pas pris de vacances en un an. La mise en place de contrôles inopinés ou aléatoires dans les salles de marché et la séparation stricte du "front office" chargé des opérations financières et du "back office" chargé de les contrôler sont aussi évoquées.

Le gendarme des marchés estime aussi qu'un nombre élevé d'annulation ou de modification d'ordres de la part des traders doit interpeller les supérieurs hiérarchiques. Les banques sont par ailleurs invitées à recourir à la pratique dite du "desk holidays". Cette technique permet de suspendre temporairement un trader et de confier son livre d'ordres à l'un de ses collègues qui vérifiera ainsi la vérité des ordres passés.

Vertement critiquée pour sa gestion du dossier Northern Rock, qui a finalement abouti à la nationalisation temporaire du spécialiste du crédit hypothécaire, la FSA essaie ainsi de redorer son blason. Mais elle aura aussi à coeur d'épargner à la City un nouvelle scandale de "trader fou" après le précédant du trader Nick Leeson, lui-même ancien contrôleur de "back office", qui avait fait couler en 1995 la prestigieuse banque anglaise Barings.

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