Le KGB n'est pas mort

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Un reportage diffusé sur la chaîne Arte retrace les liens très étroits entre Vladimir Poutine, l'actuel président russe, et les services secrets, le FSB, ex-KGB.

Dans le cadre de la soirée Thema de mardi 26 février consacrée aux élections présidentielles russes qui seront organisées le 2 mars prochain, un reportage intitulé "Meurtres en série au pays de Poutine" explique avec précision les liens très étroits existants entre Vladimir Poutine, l'actuel président de la Fédération russe et les services secrets, l'ex-KGB devenu FSB en 1991, et dont l'ancêtre fut la terrible Tcheka.

L'affaire Litvinienko sert de fil conducteur à ce reportage réalisé par Manon Loizeau et Philippe Lagnier. L'histoire de cet ancien agent du FSB, exilé à Londres après avoir dénoncé les pratiques de plus en plus douteuses des services secrets et assassiné par empoisonnement au polonium, substance hautement radioactive, illustre les dérives d'un système penchant de plus en plus vers un autoritarisme d'Etat. Un autoritarisme justifié, selon l'opposition russe, par les intérêts politiques et économiques du clan Poutine.

Les assassinats des journalistes Anna Politkovskaya et de Youri Tchitchikine, également dans des conditions troublantes, participeraient à la même volonté de la part du pouvoir de museler l'opposition. Surtout lorsqu'elles dénoncent les liens de la présidence avec les services secrets, notamment au cours de la prise de pouvoir de Vladimir Poutine en 2000. Une ligne rouge que le pouvoir souhaite ne pas voir franchir. Au total, depuis l'arrivée de Poutine au Kremlin, 21 journalistes ont été assassinés.

Selon les membres de l'opposition, en exil ou à Moscou, l'accession au pouvoir de Vladimir Poutine n'aurait pu être possible sans le soutien des services secrets. Les membres les plus influents du FSB, frustrés de perdre leur influence pendant le règne de Boris Eltsine, n'auraient pas hésité à fomenter les attentats qui ont mis le feu au pays. La crainte de nouveaux attentats, attribués d'office aux indépendantistes tchétchènes, aurait jeté la population russe dans les bras de Vladimir Poutine, l'homme à poigne idéal. En échanges de ces bons procédés, il favorisera par la suite le retour au pouvoir des membres du FSB.

L'arrivée prochaine au Kremlin de Dimitri Medvedev peut-elle changer les choses ? Malheureusement, rien n'est moins sûr. Même si ce dernier n'a aucun lien historique avec les services secrets, sa connivence avec son futur Premier ministre - la constitution russe empêche Poutine de briguer une troisième mandat consécutif - ne laisse pas augurer d'un vent prochain de libéralisme.

"L'après Poutine, la liberté ou le chaos ?", Arte -Thema- à 21h le 26 février.

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