Saga africa

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Les arts premiers sont à la mode et les prix s'envolent. Voici une vacation aux estimations raisonnables. Reste à savoir si elles vont être respectées. Pas sûr.

Depuis l'ouverture du musée du Quai Branly, l'effet de mode qui touche les arts premiers (les "arts primitifs" d'autrefois!) s'est encore accentué. Les très belles pièces, devenues rares, voient leurs les prix atteindre des sommets.

Pour un amateur, une belle pièce est celle qui a "vécu", autrement dit qui a connu une utilisation effective, le plus souvent rituelle, qui est ancienne (une ancienneté relative car en Afrique, le climat ne permet guère une conservation de plus de quelques dizaines d'années), qui a de la patine dite d'usage, qui présente des critères européens de beauté, et qui a un "pedigree", dont on connaît l'historique.

Ici, les le barème tarifaire se calcule en centaines de milliers d'euros. Face à cette surenchère, de nombreux faux, très bien réalisés, apparaissent de plus en plus ainsi que des objets quelconques, trop vite valorisés. Avant d'acheter, il faut donc s'initier et se montrer particulièrement vigilant. Trop de galeries et de maisons de ventes proposent des objets sans autre intérêt que d'être décoratifs. A éviter.

La société familiale Camard est surtout spécialisée dans les enchères consacrées aux objets du XXème siècle, affiches, céramiques, Art déco ou design notamment. Pour sa première vacation dédiée à l'art africain, elle a fait appel à deux des plus grands experts mondiaux, Pierre Amrouche et Alain de Monbrison, en principe garants d'une sélection de bon niveau. La plupart des lots proposés le 15 mai proviennent des anciennes colonies françaises, Côte d'Ivoire, Mali, Burkina Faso, Togo, Gabon avec quelques incursions au Ghana et au Congo ex-belge. Ils concernent des pièces classiques, masques, statuettes et poupées de fertilité.

Les estimations annoncées semblent raisonnables, beaucoup s'échelonnant entre 1.000 et 3.500 euros, avec des pointes à 10.000 euros pour un masque Bambara, 12.000 pour un poteau sculpté Dogon, 15.000 pour une canne Janus Lega, ou 45.000 euros pour un siège caryatide.

Reste à savoir si dans l'engouement actuel, ces estimations seront respectées. Il y a fort à parier qu'elles devraient être largement dépassées.

Le 15 mai, 14h30, Drouot Richelieu, salle 16.
Renseignements : www.camardetassocies.com

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