Le Parlement adopte la réforme controversée des ports

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Le Parlement a définitivement adopté mardi, lors d'un vote de l'Assemblée, le projet de loi sur la réforme portuaire qui prévoit le transfert des activités de manutention à des opérateurs privés, sous les feux croisés de l'opposition et de la CGT."Ce projet de loi démontre la volonté du gouvernement de relancer notre activité maritime", s'est félicité le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, en saluant l'adoption du texte par 298 voix (UMP et Nouveau Centre) contre 186 (socialistes, communistes et Verts).Le secrétaire d'Etat a indiqué ce mardi qu'il réunirait jeudi les partenaires sociaux pour "poursuivre la concertation", après l'adoption du projet de réforme portuaire prévoyant le transfert au privé des activités de manutention. "On va poursuivre la concertation, je vais réunir jeudi les partenaires sociaux, portuaires, manutentions et syndicats. Je vais leurs indiquer que la loi est votée et qu'il faut poursuivre le dialogue social", a-t-il dit dans un entretien téléphonique à l'AFP.Pendant les débats, plusieurs intervenants de tous horizons sont tombés d'accord pour regretter l'atonie des sept principaux ports français (Marseille, Le Havre, Saint-Nazaire, Rouen, Dunkerque, Bordeaux et La Rochelle) face au dynamisme d'Anvers ou Rotterdam.La gauche a cependant dénoncé une "parodie de démocratie" lors du débat à l'Assemblée la semaine dernière, parce qu'aucun de ses amendements n'a été adopté.Comme le gouvernement, la majorité souhaitait une adoption définitive. Pour cela, elle a approuvé sans modification le texte voté au Sénat le 21 mai et n'a donc présenté -ni accepté- aucun amendement."C'est la première fois qu'un projet de loi d'abord présenté au Sénat n'a pu faire l'objet d'aucun amendement à l'Assemblée alors que nous n'en étions qu'à la première lecture", a déploré le député Vert François de Rugy (Loire-Atlantique), relayant les critiques la semaine dernière du PS Michel Vauzelle sur une "parodie de démocratie".Dans le même temps, la CGT, majoritaire chez les quelque 31.000 salariés des ports, avait organisé la semaine dernière des grèves et des blocages pour protester contre le transfert au privé des activités de manutention (portique, grues...) dans les deux ans qui suivront la publication de cette loi.Le secrétaire d'Etat s'est voulu rassurant: "nous tenons à protéger le plus possible les salariés en leur donnant des garanties d'emploi, des garanties salariales, des garanties de formation et un droit de retour"."Le salarié qui serait licencié par l'opérateur pour des motifs économiques aura la possibilité de réintégrer le port maritime pendant une durée de sept ans", a développé Dominique Bussereau en évoquant un "accord-cadre" que les partenaires sociaux devront conclure avant le 31 octobre 2008.Outre un "débat confisqué", Philippe Duron (PS) a aussi déploré le manque de moyens: "vous annoncez 445 millions de crédits d'Etat pour les sept grands ports maritimes quand Rotterdam investira un milliard d'euros dans la même période. Et encore nous doutons de votre capacité à mobiliser ces crédits...".

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