Selon Aliko Dangote, la raffinerie de Lekki devrait voir sa capacité doubler d’ici 3 ans, ce qui en ferait « la plus grande raffinerie du monde ».
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Déjà devenue un actif stratégique pour le Nigeria, la raffinerie Dangote entre dans une nouvelle phase. Après avoir prouvé sa capacité à traiter jusqu’à 700 000 barils de brut par jour, le groupe cherche désormais à financer le changement d’échelle qui doit porter son complexe parmi les grands pôles mondiaux du raffinage.
Selon Bloomberg, Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals FZE veut lever jusqu’à 1 milliard USD (environ 864,8 millions d’euros) par une émission privée de dette auprès d’investisseurs étrangers. L’agence de presse, qui cite des sources au fait du dossier, précise que les discussions avec des investisseurs sont en cours, mais qu’il n’existe aucune garantie que l’opération aboutisse.
Une émission privée de dette permet à une entreprise d’emprunter directement auprès d’investisseurs sélectionnés, en dehors d’un appel public au marché. Contrairement à une vente d’actions, il ne dilue pas le capital, mais crée une obligation de remboursement avec intérêts.
D’après les détails fournis concernant le cas Dangote, l’opération doit servir à financer l’extension de capacité de la raffinerie de Lekki. Si elle se confirme, elle s’ajouterait à une introduction en Bourse en préparation et à une vente privée d’actions, qui aurait suscité jusqu’à 2 milliards USD (environ 1,729 milliard d'euros) de demande de la part des investisseurs, selon Aliko Dangote (photo).
Du cap technique à la phase financière
Quelques jours avant cette information, la raffinerie de Dangote franchissait un cap important. Le 4 juin, l’entreprise a indiqué qu’une évaluation indépendante avait démontré que l’infrastructure pouvait opérer avec une capacité de traitement de 700 000 barils par jour. Il s’agit d’une hausse par rapport à la capacité nominale de 650 000 barils par jour atteinte quatre mois plus tôt.
Les 700 000 barils par jour ne signifient pas nécessairement que la raffinerie produit de manière commerciale, continue et stable à ce niveau chaque jour, car une raffinerie peut réussir un test de performance sans avoir encore atteint une exploitation régulière à ce rythme. Ils donnent néanmoins plus de crédibilité au projet d’extension annoncé par l’entreprise en octobre dernier.
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Si l’on se fie aux plans alors détaillés par Aliko Dangote, l’infrastructure devrait voir sa capacité doubler d’ici trois ans, ce qui en ferait « la plus grande raffinerie du monde », un statut détenu par la raffinerie indienne de Jamnagar (d’une capacité de 1,4 million barils par jour). Le projet comprend aussi l’augmentation des capacités pétrochimiques, ainsi que des volumes d’huiles de base et d’alkylbenzènes linéaires, essentiels à l’industrie des lubrifiants et des détergents.
Relever le défi financier
À l’heure actuelle, le financement reste l’une des principales inconnues du projet. Au moment de l’annonce de l’extension, il y a quelques mois, la presse locale évoquait une combinaison de trésorerie interne, d’ouverture du capital et de partenariats stratégiques. L'homme d'affaires nigérian avait lui-même indiqué que 5% à 10% des actions de la raffinerie pourraient être introduites à la Bourse du Nigeria, tout en mentionnant de potentielles alliances avec des investisseurs stratégiques, y compris au Moyen-Orient.
Si l’information de Bloomberg se confirme, elle montrerait que Dangote cherche à élargir la base financière de son projet au-delà du marché nigérian, à un moment où la taille de l’extension impose des besoins de capitaux plus importants et plus diversifiés.
Cette évolution ne réglerait toutefois pas toutes les questions. Le groupe devra encore démontrer sa capacité à maintenir durablement des niveaux élevés de production, à sécuriser son approvisionnement en brut et à écouler ses produits sur des marchés de plus en plus concurrentiels. Ces enjeux dépassent le seul Nigeria. La raffinerie exporte déjà vers d’autres pays africains et vers l’Europe, dans un contexte d’incertitudes géopolitiques qui pousse certains acheteurs à diversifier leurs sources d’approvisionnement en carburants.