La croissance du parc automobile africain génère de nombreuses opportunités pour les fabricants de véhicules et pour des domaines connexes comme l’industrie pneumatique. Cette dernière connaît un regain d’intérêt dans plusieurs pays, dont l’Egypte.
En Egypte, la filiale du groupe chinois Chaoyang Longmarch Tyre Co a lancé ce 18 juin, les travaux de construction d’une nouvelle usine à 9,5 milliards de livres (environ 166,5 millions d'euros). Selon les détails fournis par l'Autorité générale de la Zone économique du canal de Suez, le complexe sera étendu sur 20 hectares dans la zone industrielle intégrée d'Ain Sokhna.
Le projet, qui cible aussi bien le marché local que les exportations, devrait être réalisé en deux phases, la première visant à produire 600 000 unités de pneus pour camions et autobus (TBR) par an. Dans un second temps, l’usine portera sa capacité de pneus TBR à 1 million d'unités par an, et ajoutera une capacité de production annuelle de 4,5 millions de pneus pour voitures particulières.
Une accélération des projets
Cette nouvelle usine vient s’ajouter à une série d’annonces qui dessinent progressivement un véritable écosystème égyptien du pneumatique. En février dernier, l'industriel chinois Himile Group avait exprimé son ambition d’édifier une usine de moules pour pneus automobiles et de composants industriels connexes, pour un investissement de 100 millions USD (environ 87,3 millions d'euros).
Plus tôt, en décembre 2025, Prometeon Tyre Group, filiale de China National Tire & Rubber, a lui aussi annoncé 300 millions USD (environ 261,9 millions d'euros) pour une deuxième usine, et 400 millions USD (environ 349,3 millions d'euros) supplémentaires afin de moderniser son usine déjà existante et d'augmenter sa capacité de production annuelle de 1,5 million de pneus.
À cela s’ajoute l’engagement d’envergure de Sailun, qui a signé en août 2025 un accord d’investissement de 1 milliard USD (environ 873,16 millions d'euros) pour bâtir en trois ans une usine sur 35 ha, capable de produire à terme 10 millions de pneus pour voitures particulières, camions et autobus par an. Cette cascade de projets traduit la volonté du pays des pharaons de devenir une plateforme régionale de production et d’exportation, capable d’alimenter à la fois la demande intérieure et les marchés africains, méditerranéens et moyen-orientaux.
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L’industrie du pneu est un segment où les économies d’échelle, l’accès à l’énergie, la proximité des ports et la présence d’un tissu industriel complémentaire font la différence. Autant d’atouts dont dispose l’Egypte, située à la jonction de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Europe, à qui elle peut servir de base industrielle pour une production destinée à plusieurs zones de consommation, avec des coûts logistiques et des incitations destinées à attirer les industriels.
Une course industrielle africaine de plus en plus disputée
Avec ces multiples projets, le pays des pharaons marque des points dans la bataille qui l’oppose à d'autres pays africains pour le statut de hub continental du pneumatique.
En effet, la concurrence reste rude avec des Etats comme le Maroc, l’Afrique du Sud et l’Algérie, qui veulent eux aussi prendre une place sur un marché africain en croissance, porté par l’augmentation du nombre de véhicules, des besoins de remplacement et de la demande des flottes commerciales.
Selon les données de la firme Resarch and Markets, le marché des pneus en Afrique était évalué à 6,59 milliards USD (environ 5,756 milliards d'euros) en 2024, et devrait atteindre 8,66 milliards USD (environ 7,564 milliards d'euros) en 2030, avec une croissance annuelle composée de 4,65% dûe à l'extension du parc automobile continental.
L’Algérie table sur la fabrication nationale pour diminuer ses achats extérieurs et sécuriser un marché intérieur encore largement alimenté par des produits importés. L’Afrique du Sud et le Maroc disposent, pour leur part, des industries automobiles les plus développés du continent, ce qui stimule de la demande en pneus chez les équipementiers.