OPINION - De Casablanca à Abu Dhabi et Tel-Aviv : la nouvelle géographie de l’innovation

Arié Bensemhoun, Directeur exécutif Elnet France
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Arié Bensemhoun, Directeur exécutif Elnet France
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Par Arié Bensemhoun, Directeur exécutif Elnet France
Pendant longtemps, cette région a été perçue avant tout à travers les prismes de l’énergie, de la sécurité et des conflits. Cette lecture demeure nécessaire. Mais elle ne suffit plus à comprendre les mutations en cours.
Car derrière les crises et les affrontements, de nouveaux réseaux économiques, technologiques et entrepreneuriaux se construisent.
Les Accords d’Abraham ont largement contribué à accélérer cette dynamique.
Au-delà de leur portée diplomatique, ils ont favorisé l’émergence de coopérations inédites entre Israël, les Émirats arabes unis et le Maroc dans des domaines stratégiques comme l’intelligence artificielle, les technologies climatiques, la cybersécurité, la santé numérique ou encore les infrastructures du futur.
La compétition mondiale ne se résume plus à une confrontation entre États. Elle se joue désormais entre écosystèmes capables d’attirer les talents, de mobiliser les capitaux, de transformer la recherche en innovation et de déployer rapidement de nouvelles technologies. À cet égard, les complémentarités sont remarquables. Israël apporte son excellence technologique et sa capacité à transformer la recherche en innovation.
Les Émirats arabes unis mobilisent des capacités d’investissement considérables et une vision stratégique de long terme. Le Maroc s'affirme comme une plateforme entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe. L’Afrique, enfin, représente l’un des plus importants réservoirs de croissance et d’innovation de la prochaine décennie.
La véritable nouveauté réside dans la connexion croissante entre ces différents espaces.
Pour la France et pour l’Europe, l’enjeu est considérable. Notre continent cherche à renforcer sa souveraineté technologique au moment même où la rivalité entre les États-Unis et la Chine redessine les chaînes de valeur mondiales. Dans ce contexte, l’émergence d’un corridor d’innovation reliant l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique constitue une opportunité stratégique majeure.
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La France dispose de nombreux atouts pour y jouer un rôle central : excellence scientifique, puissance industrielle, écosystème entrepreneurial dynamique et liens historiques avec l’ensemble de cet espace. Encore faut-il choisir d’être acteur plutôt que spectateur.
Les coopérations technologiques ne remplacent pas la diplomatie. Mais elles lui donnent une profondeur nouvelle. Elles créent des intérêts communs, des réseaux de confiance et des partenariats économiques capables de résister aux alternances politiques et aux crises régionales.
C’est peut-être là que réside l’apport le plus durable des Accords d’Abraham. Non seulement avoir ouvert une voie diplomatique inédite. Mais aussi avoir permis l’émergence d’un espace de coopération fondé sur l’innovation, l’investissement et l’entrepreneuriat.
À l’heure où le monde se fragmente, où les rivalités technologiques s’intensifient et où les équilibres géopolitiques se recomposent, cette dynamique mérite toute notre attention.
Car la nouvelle géographie de la puissance ne se construit plus seulement autour des frontières. Elle se construit aussi autour des réseaux d’innovation capables de relier les talents, les capitaux et les technologies à l’échelle de plusieurs continents.
Et c’est précisément ce qui est en train de se jouer entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.
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