Sorti des fonderies taïwanaises de TSMC il y a tout juste un mois, ce CPU conçu en Europe par la start-up française Sipearl sera lancé commercialement d'ici la fin de l'année. Un petit miracle financier.
Sur le salon bondé de VivaTech à Paris, la semaine dernière, Paris, la start-up française Sipearl exposait un composant plus précieux qu'un bijou. A l’abri d’une vitre, sa première génération de microprocesseurs. Baptisée Rhea1, la puce est dotée de 61 milliards de transistors, ce qui en ferait l'unité centrale de traitement (CPU) la plus complexe jamais conçue en Europe, clame l'entreprise. Du sur-mesure, qui plus est basse consommation, et destiné au calcul haute performance et à l’IA.
A l’heure où les besoins en hardware explosent et où la pénurie pointe, ce CPU arrive donc à point nommé. Et promet un pas de plus vers la souveraineté européenne, même si la production se fait en Asie. Sorti des fonderies taïwanaises de TSMC il y a tout juste un mois, le composant va encore être testé durant un trimestre par ses clients pour valider ses performances. A commencer par le Français Bull, qui le destine au supercalculateur exascale européen Jupiter en Allemagne. Le lancement commercial de Rhea1 est prévu d’ici à la fin de l’année.
Le CPU Rhea1 de Sipearl sur le stand de Vivatech en juin 2026. (Crédits : La Tribune)
Un ticket d'entrée à 100 millions
Pour l’heure, l’existence physique de ce processeur est le premier résultat concret d’une aventure pleine de rebondissements débutée il y a six ans. « Cela a été difficile et ça reste compliqué », reconnaît sans s’étendre Philippe Notton, fondateur et dirigeant de Sipearl. Car développer un CPU en Europe relève du parcours du combattant niveau financement.