Ghana : un projet maritime de 118 millions d’euros sécurise son financement avec l’entrée de l'anglais PIDG

Muriel Edjo, Agence Ecofin

Port de Takoradi, au Ghana, où sera implanté le projet de cale sèche flottante.
DR

Muriel Edjo, Agence Ecofin

Port de Takoradi, au Ghana, où sera implanté le projet de cale sèche flottante.
DR
Le 1er juin 2026, en amont du Sommet d’investissement Ghana–Royaume-Uni organisé à Londres début juin, le Private Infrastructure Development Group (PIDG), basé à Londres, a annoncé sa participation au financement du projet Takoradi Floating Dock (« Project Shiprite »), évalué à 137 millions de dollars (117,7 millions d’euros). Cette opération permet de finaliser le montage financier de cette initiative portée par Prime Meridian Docks Ghana Ltd (PMD). Implanté dans le port de Takoradi (225 km d’Accra), le projet prévoit la construction et l’exploitation d’un chantier naval doté d’une cale sèche flottante de niveau international, destiné à fournir des services de réparation et de maintenance aux navires opérant dans le golfe de Guinée.
L'enjeu opérationnel de cette infrastructure est majeur. Actuellement, les navires évoluant dans le golfe de Guinée doivent naviguer dix à quatorze jours pour rejoindre des chantiers navals à Walvis Bay en Namibie ou à Las Palmas en Espagne, pour leurs opérations de maintenance. Le projet prévoit notamment le dragage de 300 000 m³ de roche dans le bassin portuaire, la construction d'une jetée de 200 mètres ainsi que la mise en place d'un dock flottant d'une capacité de levage de 13 500 tonnes. La construction devrait être réalisée en dix-huit mois, dans le cadre d’une concession de vingt-cinq ans accordée par la Ghana Ports and Harbours Authority (GPHA) à PMD.
L'investissement en fonds propres de PIDG, réalisé via sa branche dédiée InfraCo, débloque des financements senior et mezzanine de l'African Export-Import Bank (Afreximbank), de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque de commerce et de développement de l'Afrique orientale et australe (TDB), du fonds de pension Petra Pension Schemes et d'Origen Private Debt Fund. Il vient compléter les apports en capital d'ARM-Harith Infrastructure Fund et de PMD.
Selon le ministre ghanéen chargé de la communication gouvernementale, Felix Kwakye-Ofosu, le projet permettra, outre l’amélioration de l’efficacité opérationnelle, de « créer des emplois, renforcer les compétences locales, réduire les immobilisations des navires, maintenir les réserves de change dans la région et contribuer à la réduction des émissions en limitant les longs trajets pour les réparations navales ».
La facilité de réparation navale de Takoradi est attendue pour créer jusqu'à 430 emplois directs, dont 30 % réservés aux femmes, dans une région du Ghana que le président John Dramani Mahama juge trop longtemps laissée à l'écart des investissements industriels concentrés autour de Tema, à l'est du pays.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Sur le plan des devises, l'impact pourrait être significatif. Le projet est appelé à jouer un rôle vital dans la rétention de devises étrangères qui auraient autrement été perdues au profit de chantiers navals étrangers.
La dimension climatique s'impose également. La proximité de l'installation avec les routes maritimes régionales réduira les émissions liées aux longs déplacements des navires pour réparation, en faisant un investissement d'infrastructure aligné sur les objectifs climatiques. Shiprite proposera également des services de modernisation et autres modifications écoénergétiques nécessaires à la transition énergétique du transport maritime.
L’investissement de PIDG dans le projet Shiprite s’inscrit dans le cadre du partenariat de croissance Ghana–Royaume-Uni conclu à Londres. Cette feuille de route pour la période 2026-2028 prévoit des accords pouvant atteindre 215 millions de livres sterling (près de 249 millions d’euros), avec un accent particulier sur le développement du secteur privé, les infrastructures et le renforcement des compétences des jeunes. Présenté comme l’un des projets phares de ce partenariat, Shiprite devrait contribuer à stimuler le commerce intra-africain, en cohérence avec les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Muriel Edjo, Agence Ecofin
Pétrole : le Nigeria veut transformer son rebond productif en nouvelle vague d’investissements offshore
Ecobank mobilise un Nature Bond inédit pour financer la biodiversité africaine
Pétrole : avec le raffinage de son propre brut, le Ghana relance un pari déjà ancien
Fer guinéen : 6 mois après ses premières expéditions vers la Chine, Simandou monte en puissance