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La Tribune Afrique

Pétrole : le Nigeria veut transformer son rebond productif en nouvelle vague d’investissements offshore

Olivier de Souza, Agence Ecofin

Publié le 04 juin 2026 à 13:15

Travailleurs en tenue de sécurité sur une plateforme offshore.

Travailleurs en tenue de sécurité sur une plateforme offshore.

Photo DR

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Longtemps pénalisé par les vols de brut, l’incertitude réglementaire et le recul des investissements, le premier producteur africain veut désormais consolider les progrès enregistrés et relancer durablement l’exploration.

Après avoir consacré plusieurs années à restaurer la sécurité de ses infrastructures, à réformer son cadre réglementaire et à accélérer les procédures administratives, le premier producteur africain de brut veut désormais capitaliser sur les premiers résultats obtenus pour attirer davantage de capitaux dans son offshore.

C’est dans cette logique que le Régulateur de l’amont pétrolier (NUPRC) prévoit de lancer au troisième trimestre 2026 un nouveau cycle d’octroi de licences pétrolières. L’annonce intervient alors que la phase d’offres commerciales du cycle actuellement en cours doit se tenir en juillet. Cette annonce traduit la volonté des autorités d’enchaîner les appels d’offres afin de maintenir l’intérêt des investisseurs et d’alimenter le portefeuille de futurs projets.

Cette nouvelle étape arrive dans un contexte différent de celui qui prévalait lors du lancement du cycle 2025. À l’époque, Abuja sortait progressivement d’une longue période marquée par l’incertitude réglementaire, les vols de brut, la dégradation d’infrastructures stratégiques et le départ progressif de plusieurs majors des actifs terrestres.

Un premier test pour restaurer la confiance des investisseurs

Le cycle lancé en décembre 2025 avait ainsi valeur de test. Premier appel d’offres organisé depuis 2007, il devait permettre de mesurer la capacité du pays à redevenir une destination crédible pour les investisseurs internationaux. Au total, 50 blocs avaient été proposés, répartis entre zones terrestres, eaux peu profondes, bassins peu explorés et offshore profond.

Pour maximiser ses chances, le gouvernement a ramené les bonus de signature entre 3 et 7 millions de dollars (2,7 et 6 millions d’euros), contre 10 millions de dollars en 2024 et jusqu’à près de 200 millions de dollars lors de certains cycles antérieurs. Le régulateur avait également privilégié les capacités techniques, la qualité des programmes d’exploration, la rapidité de mise en production et la transparence du processus, entièrement numérisé.

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Ces ajustements s’inscrivent dans une réforme plus large engagée depuis l’arrivée au pouvoir du président Bola Tinubu en mai 2023. L’administration a accéléré la mise en œuvre du code pétrolier adopté en 2021, créé un bureau présidentiel dédié à l’énergie et multiplié les mesures destinées à améliorer l’attractivité du secteur.

Des résultats visibles sur les investissements et la production

Les résultats commencent à apparaître. En 2024, le Nigeria a concentré trois des quatre décisions finales d’investissement enregistrées dans le secteur pétrolier africain, pour plus de 5 milliards de dollars. Le projet offshore Bonga North, attendu à 110 000 barils par jour, a été approuvé tandis que le développement du champ gazier Ubeta a mobilisé un engagement de 500 millions de dollars entre TotalEnergies et la compagnie nationale NNPC. Au total, plus de 8 milliards de dollars de dépenses d’investissement ont été programmés dans l’offshore nigérian en moins d’un an.

La sécurité constitue également un élément central de cette amélioration. À l’occasion du 70e anniversaire de la marine nigériane, lundi dernier, le président Tinubu a attribué aux opérations menées contre le vol de brut, la piraterie et les crimes maritimes une part importante de l’augmentation récente de la production pétrolière. Selon lui, ces progrès ont renforcé les recettes nationales tout en améliorant la confiance des investisseurs.

Parallèlement, le Régulateur accélère la remise en production des actifs existants. Depuis mars, certains permis permettant de réactiver des puits inactifs sont délivrés en quelques heures seulement. Le régulateur affirme également vouloir mettre fin aux licences non développées afin que les actifs attribués contribuent effectivement à la production nationale. L’enjeu est considérable pour le pays. Malgré une production moyenne de 1,64 million de barils par jour de brut et de condensats en 2025, le Nigeria reste en dessous de ses ambitions. Son objectif officiel est de porter sa production à 3 millions de barils par jour d’ici 2030.

Dans cette perspective, le cycle 2026 ne constitue pas seulement une nouvelle opération d’attribution de blocs. Il représente un test de maturité pour la stratégie engagée depuis trois ans. Le cycle 2025 avait permis de mesurer l’intérêt du marché pour un secteur en pleine réforme. Le prochain devra démontrer que les gains obtenus en matière de sécurité, de gouvernance et d’investissement peuvent désormais se traduire par une accélération durable de l’exploration et de la production pétrolières du géant ouest-africain.

Olivier de Souza, Agence Ecofin

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