Les projets d'énergie renouvelable ont le vent en poupe en Afrique, soutenus notamment par des partenaires institutionnels.
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Avec un engagement de 34 millions d'euros dans le développeur égyptien Infinity, la BERD renforce son rôle dans l’essor des énergies renouvelables en Afrique. Cette injection de capital survient alors que le continent fait face à un déficit persistant de financements que l’UE veut aider à combler.
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a débloqué 40 millions USD au profit d’Infinity, principal développeur d’énergies renouvelables en Égypte, et sa filiale Infinity Power, présente sur d’autres marchés en Afrique. L’annonce faite le lundi 10 novembre porte l’investissement total de la banque dans Infinity à 141,5 millions USD (environ 122 millions d'euros) et soutiendra le déploiement « à court terme » d’environ 3 gigawatts (GW) de capacité énergétique renouvelable sur le continent.
Co-entreprise entre Infinity et le groupe émirati Masdar, Infinity Power dispose de plus de 1,3 GW de projets solaires et éoliens en exploitation en Afrique. En début de mois, aux côtés de Hassan Allam Utilities, elle a conclu avec Le Caire des accords portant sur 1 200 MW de solaire avec stockage. Sa présence s’étend au Sénégal et à l’Afrique du Sud, où elle a remporté en décembre 2024 un appel d’offres pour 1 280 MW de projets solaires.
« Nous sommes très heureux de renforcer notre partenariat avec Infinity et de soutenir ses efforts visant à mettre en œuvre des projets d'énergie renouvelable à grande échelle […] à travers le continent. Au-delà de l'Égypte, ce nouvel investissement marque une étape passionnante dans l'expansion de la présence d'Infinity à travers l'Afrique, où nous voyons un énorme potentiel pour développer la production d'énergie solaire et éolienne », a déclaré Harry Boyd-Carpenter, directeur général du groupe Infrastructures durables de la BERD.
Une croissance soutenue, qui reste loin des objectifs mondiaux
L’investissement de la BERD dans Infinity Power illustre une tendance à la hausse des projets d’énergies renouvelables en Afrique depuis une décennie environ. Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), la capacité totale installée sur le continent a atteint 66,8 GW en 2024, contre 34,7 GW en 2015. L’hydroélectricité domine le paysage des énergies vertes, avec une contribution de 42,8 GW, suivie du solaire (14,2 GW) et de l’éolien (9,2 GW).
De fortes disparités sont néanmoins à noter dans l’installation des capacités énergétiques renouvelables. L’Afrique du Sud (11,1 GW), l’Égypte (7,7 GW), l’Éthiopie (6,3 GW), le Maroc (4,3 GW) et l’Angola (4,12 GW) concentrent en effet à elles seules plus de 50% des capacités totales. La situation demeure aussi contrastée à l’échelle mondiale, puisque l’Afrique ne pesait que 1,57 % des capacités renouvelables installées sur la planète en 2024, alors même qu’elle concentre environ 60% des meilleures ressources solaires.
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À ce rythme, le continent est encore loin de pouvoir tripler sa capacité installée en matière d’énergies renouvelables, conformément à l’objectif fixé à la COP28. Un décalage que les experts attribuent principalement à la faiblesse des financements disponibles, l'Afrique ne recevant que 3% des investissements mondiaux dans les énergies propres.
Un appui européen grandissant
Dans ce contexte, plusieurs partenaires européens renforcent leur présence. Par la voix de sa présidente Ursula von der Leyen, la Commission européenne a annoncé fin septembre et début octobre 2025 un ensemble d’engagements totalisant 1,16 milliard d’euros pour appuyer la transition énergétique dans 16 pays africains, et au profit de l'Afrique centrale notamment. Ces financements répondent à un objectif global, celui de contribuer à l’installation de 50 GW de capacités renouvelables sur le continent, et de permettre l’accès à l’électricité pour 100 millions de personnes supplémentaires.
Les programmes annoncés couvrent un large éventail d’interventions, allant du développement de projets solaires dans des pays comme le Nigeria et le Togo, à la modernisation des réseaux électriques en Côte d’Ivoire. Ils visent aussi à renforcer les interconnexions régionales en Afrique de l’Ouest, afin de soutenir l’intégration de futurs projets dans les réseaux existants.