Exportation de services numériques : l’Égypte séduit 55 groupes internationaux
Muriel Edjo, Agence Ecofin

Le Global Offshoring Summit 2025 s'est tenu les 9 et 10 novembre au Caire, en Égypte.
Photo DR
Muriel Edjo, Agence Ecofin

Le Global Offshoring Summit 2025 s'est tenu les 9 et 10 novembre au Caire, en Égypte.
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L’Autorité de développement de l’industrie des technologies de l’information d’Égypte (ITIDA) a signé, aux côtés de 55 entreprises internationales, de nouveaux protocoles d’accord visant à renforcer l’exportation de services numériques et externalisés. Ces projets, qui prévoient l’ouverture de nouveaux bureaux et l’extension d’activités existantes, devraient générer près de 70 000 emplois d’ici 2028. Parmi les signataires figurent plusieurs grands noms européens, tels que Capgemini, Deloitte, Ericsson, Conectys ou encore Nestlé. Les signatures ont eu lieu en marge du Global Offshoring Summit, organisé au Caire les 9 et 10 novembre 2025, en présence de plus de 250 dirigeants de multinationales.
Concrètement, l’exportation de services informatiques et l’externalisation permettront à l’Égypte de mettre à disposition des entreprises étrangères une main-d’œuvre locale qualifiée. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée ces dernières années où de nombreuses sociétés internationales ont recours à des équipes basées en Afrique, notamment au Maroc, pour gérer leurs services de support ou de relation client, dans une logique de réduction des coûts.
Même si les accords signés n’ont pas encore de portée contractuelle, Ahmed El-Zaher, directeur général de l’ITIDA, les a qualifiés de « moment décisif pour le secteur technologique et l’économie numérique égyptiens ». Selon lui, ces pré-engagements traduisent la confiance croissante des investisseurs dans le vivier de talents du pays et sa position géographique stratégique. Ils illustrent surtout l’attractivité grandissante de l’Égypte, désormais en bonne voie pour devenir un hub mondial des services informatiques et externalisés.
De son côté, Amr Talaat, ministre des Communications et des Technologies de l’information, a rappelé que lors d’un sommet similaire en 2022, des accords avaient été conclus avec 29 entreprises, représentant à l’époque un engagement de 34 000 créations d’emplois. En 2024, ce chiffre avait déjà grimpé à 60 000 emplois, dépassant largement les objectifs initiaux.
Le ministre a également souligné la progression des recettes d’exportation du secteur numérique égyptien, passées de 2,4 milliards de dollars en 2022 à 4,8 milliards de dollars en 2025. Dans le même temps, le nombre d’entreprises d’externalisation opérant dans le pays est passé de 90 à plus de 240, couvrant un large éventail de services en ingénierie informatique.
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Ces résultats sont le fruit d’une stratégie ambitieuse « Digital Egypt », lancée en 2019, qui vise à faire du numérique un levier majeur de croissance économique, notamment à travers les services informatiques et externalisés.
Le gouvernement égyptien affirme avoir investi 6 milliards de dollars ces dernières années pour développer une infrastructure numérique de pointe. Le déploiement de la fibre optique, désormais accessible à 60 millions de citoyens dans 4 500 villages, a permis d’élargir le bassin de talents au-delà du Grand Caire et de favoriser le télétravail, un avantage clé pour les centres d’excellence régionaux.
L’investissement dans le capital humain constitue un autre pilier central. Les programmes publics de formation visent désormais près de 500 000 personnes par an, contre seulement 4 000 en 2018-2019. Par ailleurs, les universités égyptiennes délivrent chaque année environ 760 000 diplômes, dont 50 000 dans les technologies de l’information et de la communication (TIC). Cette main-d’œuvre jeune, stable et multilingue représente aujourd’hui un atout majeur pour les entreprises confrontées à une pénurie de talents à l’échelle mondiale.
Le gouvernement a également instauré des dispositifs d’incitation pour encourager l’expansion des activités orientées vers l’exportation et soutenir l’ensemble des métiers de l’offshoring. Mostafa Madbouly, Premier ministre égyptien, a d’ailleurs réaffirmé l’engagement de l’État à renforcer les infrastructures et à offrir davantage d’incitations aux investisseurs.
L’Égypte entend ainsi s’imposer comme un pôle fiable et compétitif au cœur des chaînes mondiales de services numériques.
Muriel Edjo, Agence Ecofin
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