OPINION - L’Afrique n’a pas besoin d’être sauvée, elle a besoin de justice financière
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Bitange Ndemo a été ambassadeur du Kenya auprès du Royaume de Belgique et de l’Union européenne de 2022 à 2026.
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Bitange Ndemo a été ambassadeur du Kenya auprès du Royaume de Belgique et de l’Union européenne de 2022 à 2026.
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Par Bitange Ndemo, ancien ambassadeur du Kenya auprès du Royaume de Belgique et de l’Union européenne de 2022 à 2026
Mais ces jeunes ont besoin d’investissements, de règles du jeu plus justes, et d’un système financier mondial qui voit l’Afrique non comme un risque, mais comme une puissance en devenir. Le prochain sommet du G7 en France, qui se tiendra du 15 au 17 juin à Evian, où le Kenya représentera le continent, constitue une occasion unique pour les plus grandes économies mondiales d’agir concrètement sur la question du coût du capital.
Sur les marchés mondiaux, les nations africaines supportent des coûts d’emprunt déconnectés de leurs performances économiques. Malgré la solidité prouvée d’un grand nombre d’entre eux, les pays africains paient une prime de 500% par rapport aux économies les plus développées[1]. Leurs taux d’intérêt moyens atteignent ainsi 9,8%, contre 6,8% pour l’Amérique latine, 5,3% pour l’Asie et moins de 3% pour les États-Unis et l’Allemagne.
Entre 2020 et 2024, le coût moyen de l’endettement pour les pays africains a augmenté de 91%[3]. Alors qu’ils payaient en moyenne 2,7% auprès de leurs créanciers en 2020, ce taux a grimpé à 5,1% en 2024.
Un exemple résume à lui seul la situation : en 2017, l’Argentine, notée B et comptant neuf défauts de paiement dans son histoire, a émis une obligation centenaire à un taux de 7,125%. Moins d’un an plus tard, le Kenya, noté B+ et sans aucun défaut, a dû payer 8,25% pour une obligation à trente ans.
Ce « malus africain » ne reflète aucune réalité économique : il est purement perceptuel. Or, les médias couvrent de manière disproportionnée la violence ou les fraudes électorales en Afrique. Des chercheurs établissent un lien direct entre ce biais médiatique et la perception des investisseurs, ainsi qu’avec le risque souverain, estimant que l’Afrique perd jusqu’à 4,2 milliards de dollars par an en intérêts surévalués.
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