L’aéroport international Murtala Muhammed de Lagos a absorbé environ 67% du trafic aérien nigérian en 2025, soit près de 17,94 millions de voyageurs.
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Les autorités nigérianes veulent procéder à une refonte du secteur du transport aérien. Entre modernisation des plateformes aéroportuaires et réformes pour attirer des investisseurs, les efforts se mutiplient.
Au Nigeria, une enveloppe de 500 millions USD (environ 432,25 millions d'euros) a été approuvée par le gouvernement fédéral pour moderniser l’aéroport international Murtala Muhammed de Lagos (MMIA), principal hub aérien du pays. D’après les détails relayés par les médias locaux, l’enveloppe annoncée par Festus Keyamo, le ministre de l'Aviation, doit financer la remise à niveau des infrastructures et des équipements, mais aussi améliorer l’interconnexion de la plateforme, avec des travaux sur les terminaux, les accès routiers et les liaisons internes.
Parmi les principaux chantiers envisagés figurent la reconstruction du terminal 1, l’installation de passerelles de jonction et le raccordement des terminaux au réseau de chemins de fer de Lagos, pour améliorer l’accessibilité de l’aéroport et offrir une alternative de transport à la route.
Un hub sous pression
Cette modernisation doit permettre de désengorger un aéroport très sollicité et devenu stratégique pour la mobilité nationale et régionale. Mis en service il y a près d’un demi-siècle, il reste la principale porte d’entrée aérienne du Nigeria et concentre à lui seul une part écrasante du trafic national.
Selon la Federal Airports Authority of Nigeria, la plateforme a ainsi absorbé environ 67 % du trafic aérien nigérian en 2025, soit près de 17,94 millions de voyageurs.
En outre, il a enregistré une hausse de 34,4% du fret aérien, soit la plus importante augmentation observée parmi les dix premiers du continent selon les données présentées lors de la Conférence régionale Afrique du Conseil international des aéroports (ACI Afrique) en avril dernier.
Si ces données illustrent son caractère névralgique pour le positionnement du pays dans le transport aérien sous-régional, cette importance créée aussi un point de tension permanent pour les voyageurs, les compagnies et les gestionnaires d’infrastructures.
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En cause, le vieillissement des installations et l’insuffisance de certaines capacités de traitement, qui limitent l'adaptation à la croissance du trafic et affectent l’expérience des usagers.
Malgré ses performances régionales, l’aéroport Murtala Muhammed reste ainsi absent du classement 2026 des 100 meilleurs aéroports au niveau mondial établi par l'organisme de conseil et de recherche Skytrax, qui évalue l’expérience des passagers à travers l’ensemble des services et installations en contact direct avec le public, de l’enregistrement et des arrivées aux espaces commerciaux, aux contrôles de sûreté et à l’embarquement.
Une relance structurante du transport aérien
Cette opération s’inscrit aussi dans un effort plus large de transformation du secteur nigérian du transport aérien, qui dispose de 27 aéroports nationaux et de 5 internationaux.
En août 2025, les autorités avaient déjà approuvé 712,3 milliards de nairas (environ 453,5 millions d'euros) pour la reconstruction du terminal 1 de MMIA, dans l’objectif long-termiste d'atteindre une capacité d’accueil à 20 millions de passagers par an. Plus récemment en avril 2026, le pays s’est doté d’un nouveau plan directeur sur 20 ans pour l’aviation civile. Cette feuille de route prévoit une série d’actions prioritaires visant à renforcer la planification des infrastructures, à moderniser les cadres réglementaires et politiques, à améliorer la performance opérationnelle des acteurs et à consolider les capacités institutionnelles de supervision.
En mai, le Nigeria a signé a signé une lettre d’intention avec la Banque africaine de développement (BAD) pour le Programme intégré de transformation de l’aviation (IATP), une initiative continentale conçue pour mobiliser 7 milliards USD (environ 6 milliards d'euros) sur cinq ans pour accélérer la modernisation du transport aérien africain. Présenté comme un partenariat stratégique, cet engagement doit permettre au pays ouest-africain de se placer au cœur d’une nouvelle phase d’investissement, de connectivité et de croissance dans l’aviation civile.