Éthiopie : la holding libyenne OLA Energy reprend les actifs de TotalEnergies

Espoir Olodo, Agence Ecofin

La signature de l'accord d'achat d'actions entre OLA Energy Group et TotalEnergies s'est tenue à Paris
Photo DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

La signature de l'accord d'achat d'actions entre OLA Energy Group et TotalEnergies s'est tenue à Paris
Photo DR
En Éthiopie, le marché de la distribution de produits pétroliers vient de connaître un changement majeur.
Fin juin, à Paris, OLA Energy, compagnie de distribution de carburants détenue par Libya Africa Investment Portfolio (LAIP), fonds souverain libyen dédié aux investissements en Afrique, a signé un accord pour acquérir l’ensemble des actifs de TotalEnergies Marketing Ethiopia.
Dans les détails, l’acquisition dont le montant n’a pas été divulgué porte sur près de 120 stations-service réparties dans les villes comme Addis Abeba, Dire Dawa et Mekele, un terminal de stockage de carburant d’une capacité de 13 000 m³ situé à Dukem, dans la banlieue d’Addis Abeba, ainsi que l’ensemble des activités commerciales et opérationnelles qui y sont liées.
« Audelà du carburant, le réseau acquis propose des services horscarburant, notamment des boutiques de proximité, des installations de lavage auto, des centres de lubrification et l’approvisionnement en carburant aviation à l’aéroport international de Bole à AddisAbeba », indique l’entreprise.
Si cette transaction doit encore obtenir le feu vert des autorités réglementaires, l’ampleur de l’acquisition fera d’OLA Energy la plus grande entreprise étrangère du secteur de la distribution de carburant en Éthiopie, où la croissance démographique et économique est soutenue avec un parc automobile en expansion et un réseau routier en développement. De quoi consolider un peu plus ses ambitions d’expansion sur le continent.
Le groupe, anciennement connu sous le nom d’OiLibya avant son changement de marque en 2018, est en effet engagé depuis plus d’une décennie dans une stratégie visant à se positionner comme l’un des principaux acteurs indépendants de la distribution de carburants en Afrique.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Cette stratégie repose sur des investissements dans de nouvelles installations mais aussi sur des acquisitions ciblées d’actifs de groupes internationaux comme ceux de l’américain ExxonMobil (Niger, Sénégal, Côte d’Ivoire, Gabon, Cameroun, Kenya, Tunisie, Maroc) en 2007 et de la britannique Shell (Niger, Tchad, Djibouti, Éthiopie et Soudan) en 2008. La compagnie est déjà présente dans 16 pays africains avec un réseau de plus de 1 350 stationsservice.
Pour l’instant, OLA Energy n’a pas de présence en Afrique australe. Mais d’après les observateurs, si l’entreprise devait s’y aventurer, elle trouverait un secteur fortement concurrentiel principalement en Afrique du Sud, plus gros marché de distribution de carburants du continent.
Selon les informations de Bloomberg, le britannique Shell envisagerait de céder son réseau de stationsservice à ADNOC Distribution, filiale spécialisée dans la distribution de carburants du groupe pétrolier national d’Abou Dhabi.
La transaction, valorisée autour de 1 milliard de dollars (environ 875 millions d'euros), donnerait au groupe émirati le contrôle d’environ 600 stations-service, soit près de 10% du marché sud-africain, lui permettant de s’imposer d’emblée dans le principal marché de distribution de carburants du continent.
Alors que le paysage sud-africain de la distribution de carburant est majoritairement contrôlé par six grands acteurs (Engen, Astron Energy, Shell, BP, TotalEnergies et Sasol), cette opération vient rebattre les cartes et intensifier la compétition entre majors internationales, compagnies nationales et groupes de trading devenus distributeurs. Dans ce contexte, plusieurs analystes estiment qu’OLA Energy pourrait bien être à l’affût dans les prochains mois des opportunités d’acquisition sur ce marché qui pourrait lui permettre de franchir un nouveau cap.
Espoir Olodo, Agence Ecofin