Le FMI salue les avancées enregistrées dans la restructuration de la dette publique éthiopienne, engagée après le défaut de paiement de l’unique euro-obligation du pays en décembre 2023.
Le financement comprend un décaissement de 464 millions de dollars au titre de la cinquième revue du programme FEC et une aide exceptionnelle de 200 millions de dollars destinée à absorber le choc provoqué par la guerre au Moyen-Orient.
Le Fonds monétaire international (FMI) poursuit son soutien à l’Éthiopie. Son Conseil d’administration a approuvé, début juillet, la cinquième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), ouvrant la voie à un décaissement de 464 millions de dollars soit près 406 millions d'euros. L’institution a également accordé un financement additionnel de 200 millions de dollars, soit environ 175 millions d'euros pour aider le pays à faire face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient. Ce qui porte l’appui total annoncé à 664 millions de dollars, environ 580 millions d'euros.
Avec cette nouvelle tranche, les décaissements cumulés dans le cadre du programme atteignent environ 2,65 milliards de dollars (environ 2,31 milliards d'euros), sur une enveloppe totale de 3,4 milliards de dollars, soit environ 3 milliards d'euros, approuvée en juillet 2024. Ce programme accompagne l’Agenda de réformes économiques nationales (Homegrown Economic Reform Agenda), qui vise à rétablir les équilibres macroéconomiques, renforcer la stabilité financière et créer les conditions d’une croissance davantage portée par le secteur privé.
Le FMI estime que la mise en œuvre des réformes reste globalement conforme aux objectifs fixés. « Tous les critères de performance quantitatifs et la plupart des objectifs indicatifs ont été atteints », souligne-t-il. Il relève toutefois que la contribution du gouvernement au Programme de filets de sécurité productifs est restée inférieure aux prévisions, une situation compensée par un soutien plus important des partenaires au développement, permettant de dépasser les objectifs d’assistance aux populations vulnérables.
Un soutien face au choc pétrolier
L’aide exceptionnelle de 200 millions de dollars répond à la dégradation de l’environnement international provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Selon le FMI, le conflit a entraîné une hausse importante du coût des importations de carburants, accentuant les besoins de financement du pays.
« La guerre au Moyen-Orient constitue un choc externe majeur et la poursuite des réformes, conjuguée à des réponses adaptées aux nouveaux défis, sera essentielle pour maintenir la dynamique macroéconomique », a déclaré Nigel Clarke, directeur général adjoint du FMI et président par intérim du Conseil d’administration.
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Malgré ce contexte, le Fonds juge que l’économie éthiopienne continue de faire preuve de résilience. Les exportations, les recettes fiscales et les réserves internationales ont progressé, tandis que la croissance devrait atteindre 9,2% au cours de l’exercice budgétaire 2025/2026, selon les prévisions. Ce rythme demeure légèrement inférieur à l’objectif de 10,2% fixé par les autorités.
L’institution appelle néanmoins le gouvernement à maintenir une politique monétaire restrictive afin de poursuivre la désinflation. Elle recommande également de poursuivre la réforme du marché des changes, notamment à travers le développement du marché interbancaire des devises, l’assouplissement progressif des restrictions de change et le renforcement de la concurrence dans le secteur bancaire.
Ces recommandations interviennent alors que les tensions sur les prix persistent. Selon le Service éthiopien des statistiques, les prix des transports ont augmenté de 17,1% entre mai 2025 et mai 2026, sous l'effet de la hausse des coûts des carburants, tandis que ceux du logement, de l’eau, de l’électricité, du gaz et des autres combustibles ont progressé de 6,8% sur la même période.
Des progrès sur la dette, mais des défis persistants
Le FMI salue également les avancées enregistrées dans la restructuration de la dette publique, engagée après le défaut de paiement de l’unique euro-obligation du pays en décembre 2023. L’institution relève la conclusion d’accords avec plusieurs créanciers bilatéraux ainsi que des progrès dans les négociations avec les créanciers privés, notamment un accord de principe conclu récemment avec les détenteurs d’euro-obligations.
Pour autant, les risques demeurent importants. L’Éthiopie continue de subir les conséquences des conflits internes, des épisodes de sécheresse et des déséquilibres macroéconomiques accumulés ces dernières années. Le FMI estime que la dette publique représentera encore 45,3% du PIB au cours de l’exercice 2025/2026.
Dans ce contexte, l’institution exhorte les autorités à poursuivre les réformes du secteur financier, à renforcer la gouvernance de la Banque nationale d’Éthiopie et à faire preuve de prudence dans le recours à de nouveaux emprunts. Elle estime que la poursuite des réformes structurelles sera déterminante pour préserver les acquis obtenus depuis le lancement du programme en 2024 et soutenir une croissance durable.