L’Égypte se positionne pour relancer le secteur énergétique syrien
Olivier de Souza, Agence Ecofin

Un des plus grands producteurs africains, l'Egypte se positionnait à la 4eme place continentale en matière de réserve gazières en 2024
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Olivier de Souza, Agence Ecofin

Un des plus grands producteurs africains, l'Egypte se positionnait à la 4eme place continentale en matière de réserve gazières en 2024
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Le mardi 6 janvier, l’Égypte et la Syrie ont signé deux protocoles d’accord visant à renforcer leur coopération énergétique, dans un contexte de pénurie durable à Damas et de recomposition des équilibres gaziers au Caire. Les textes portent sur la fourniture de gaz naturel destiné à la production d’électricité en Syrie et sur l’exportation de produits pétroliers afin de répondre aux besoins énergétiques du pays.
Aucune indication n’a été donnée sur les volumes ou la valeur des échanges. Ces accords interviennent alors que la Syrie tente de stabiliser un système énergétique profondément affaibli par près de quatorze années de conflit. Pour Damas, l’enjeu dépasse la simple sécurisation de volumes. Il s’agit de restaurer un minimum de continuité dans l’approvisionnement électrique, condition indispensable à la reprise économique et à la reconstruction des infrastructures civiles.
Un des plus grands producteurs africains, l'Egypte se positionnait à la 4eme place continentale en matière de réserve gazières en 2024 et dans le top 3 des producteurs du continent la même année. Pourtant, ce nouvel engagement intervient alors que le pays des pharaons a de son côté vu sa situation énergétique se dégrader ces dernières années. La baisse de la production domestique, notamment liée à la maturité de grands gisements, a contraint Le Caire à redevenir importateur net de gaz. Le pays multiplie les accords d’approvisionnement, en particulier avec Israël et le Qatar, et recourt de plus en plus au GNL importé pour couvrir les pics de demande estivaux.
Cette dépendance croissante n’a pas freiné les ambitions régionales de l’Égypte. En s’appuyant sur ses infrastructures de regazéification et de transport, le pays cherche à consolider son rôle de hub énergétique en Méditerranée orientale et au Levant. Les accords conclus avec la Syrie s’ajoutent ainsi à une série d’engagements pris avec Chypre, le Liban ou encore Israël, dans une logique de projection d’influence énergétique.
Ce choix n’est pas sans tension. Exporter du gaz ou des produits pétroliers vers un pays en reconstruction intervient à un moment où l’Égypte doit elle-même sécuriser ses approvisionnements pour éviter de nouvelles pénuries d’électricité. Mais pour Le Caire, l’enjeu est aussi politique. En effet, accompagner la Syrie dans la stabilisation de son secteur énergétique, c’est s’inscrire dans le mouvement plus large de réintégration régionale de Damas et renforcer sa propre centralité dans les recompositions énergétiques du Moyen-Orient.
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Il faut dire que le secteur électrique syrien reste l’un des plus durement touchés par le conflit qui a frappé le pays ces dernières années. Selon les données des Nations unies de 2025, la capacité de production est tombée à une fraction de son niveau d’avant-guerre. Plus de 70% des centrales et des lignes de transmission ont subi des dommages significatifs, tandis que la capacité du réseau national a reculé de plus de 75%. Dans de nombreuses zones, l’électricité n’est disponible que deux à quatre heures par jour, en raison de centrales fonctionnant bien en dessous de leurs capacités et de pénuries chroniques de combustibles.
La chute de la production de pétrole et de gaz a aggravé la situation. Les volumes disponibles ne permettent plus d’alimenter correctement les centrales thermiques, qui constituaient historiquement l’ossature du mix électrique syrien. Cette contraction de l’offre énergétique est l’un des héritages les plus durables de la guerre, limitant la capacité du pays à relancer l’activité industrielle, les services publics et les infrastructures essentielles.
Ces derniers mois, l’approvisionnement s’est légèrement amélioré grâce à des livraisons de gaz en provenance d’Azerbaïdjan et du Qatar. La Turquie s’est également engagée à fournir jusqu’à deux milliards de mètres cubes de gaz par an, ce qui pourrait permettre une augmentation sensible de la production d’électricité. Parallèlement, un consortium associant des acteurs qataris, américains et turcs développe des centrales solaires et à gaz naturel, pour un montant d’investissement annoncé de 7 milliards de dollars. D’autres initiatives visent la remise en état et l’expansion de champs gaziers existants, notamment dans le centre du pays.
Dans ce paysage fragmenté, l’accord avec l’Égypte apporte une source supplémentaire de flexibilité. Il offre à la Syrie la possibilité de diversifier ses approvisionnements à court terme et, potentiellement, de bénéficier de l’expertise technique égyptienne pour la réhabilitation de ses infrastructures énergétiques.
Olivier de Souza, Agence Ecofin
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