C’est un soulagement pour la marque Perrier et pour la société Nestlé Waters qui l’exploite. Le tribunal de Nanterre a décidé ce mardi de ne pas suspendre la commercialisation des iconiques bouteilles vertes sous l’appellation d'« eau minérale naturelle », contrairement à ce que lui demandait L’UFC-Que Choisir.
L’association de consommateurs avait requis l’adoption d’une mesure conservatoire et provisoire dans l’attente d’une décision sur le fond qui doit être rendue par la même juridiction. L’UFC-Que Choisir a en effet déposé plainte le 3 juin contre Nestlé Waters dans le cadre de l’affaire de tromperie qui ébranle l’entreprise depuis début 2024.
Comme cela a été démontré par une enquête journalistique et par une enquête sénatoriale, pendant plusieurs années Nestlé Waters a en effet eu recours à des traitements interdits par la réglementation sur les « eaux minérales naturelles » avant d’embouteiller son Perrier, mais aussi ses Contrex, Hépar et Vittel. Une tromperie vis-à-vis des consommateurs, même en l’absence de risques sanitaires avérés, puisqu’une eau minérale naturelle est vendue en moyenne 100 à 300 fois plus cher que l’eau du robinet en raison, justement, de sa composition spécifique et de sa pureté. Selon le rapport de la Commission d’enquête du Sénat publié le 14 mai dernier, le gain ainsi engendré pourrait dépasser 3 milliards d’euros en 15 années.