El Niño 2026 risque d'être l’un des épisodes les plus extrêmes jamais observés

Le scénario envisagé par les experts pourrait fragiliser les équilibres mondiaux sur les marchés des matières premières agricoles.
WIL/ - REUTERS - Willy Kurniawan

Le scénario envisagé par les experts pourrait fragiliser les équilibres mondiaux sur les marchés des matières premières agricoles.
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Le Pacifique tropical est de nouveau sous surveillance étroite. Le phénomène climatique El Niño, déjà en formation, pourrait se renforcer dans les prochains mois et devenir, d’ici le second semestre 2026, l’un des plus puissants observés depuis sept décennies, avertit le service météorologique australien.
Ce cycle climatique naturel, alternant entre El Niño et La Niña, se caractérise par des variations de température des eaux de surface du Pacifique équatorial et des perturbations en cascade sur la circulation atmosphérique mondiale. Ses effets dépassent largement la seule zone océanique, avec des conséquences directes sur les récoltes, les prix alimentaires et les chaînes d’approvisionnement.
Le précédent épisode majeur, en 2015-2016, avait marqué les esprits : sécheresses étendues en Asie, baisse de la production de céréales et d’oléagineux, tensions sur les marchés agricoles. Les signaux actuels ravivent les inquiétudes des acteurs du secteur.
Les prévisionnistes anticipent déjà un schéma climatique contrasté : excès de précipitations sur le continent américain, tandis que l’Asie pourrait faire face à des conditions chaudes et sèches, particulièrement défavorables aux semis. Une configuration préoccupante pour une région qui concentre une part majeure de la population mondiale et de la demande alimentaire.
Les données océanographiques confirment une dynamique engagée. Les températures de surface de la mer dans la zone concernée ont franchi les seuils caractéristiques d’un épisode El Niño, et les signaux atmosphériques convergent.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Dans son dernier communiqué, le bureau de météorologie australien se montre explicite sur l’intensité attendue du phénomène. Il estime notamment que « les prévisions laissent entrevoir un épisode El Niño fort à très fort, compte tenu de l’ampleur du réchauffement dans le centre du Pacifique tropical ».
L’institution ajoute par ailleurs que l’ampleur potentielle de l’événement pourrait le placer parmi les plus extrêmes jamais observés. « Environ la moitié des modèles indiquent que cet épisode pourrait atteindre des niveaux parmi les plus élevés observés depuis 1950 », estime-t-elle.
Au-delà des conséquences climatiques, les implications économiques sont considérables. Le scénario envisagé par les experts pourrait fragiliser les équilibres mondiaux sur les marchés des matières premières agricoles, déjà sensibles aux aléas géopolitiques et logistiques.
Les producteurs asiatiques, particulièrement exposés, redoutent une dégradation des rendements, tandis que les zones agricoles américaines pourraient être confrontées à des épisodes de pluies excessives perturbant les cycles de culture et les infrastructures. Les scientifiques soulignent également un élément structurel : le changement climatique pourrait amplifier l’intensité des épisodes El Niño, en renforçant les anomalies de température et leurs effets en chaîne sur les systèmes météorologiques globaux.
L’Australie figure parmi les économies les plus exposées. Le phénomène affecte directement sa production agricole, le pays étant l’un des principaux exportateurs mondiaux de blé, de sucre et de bœuf. Un nouvel épisode majeur pourrait donc peser lourdement sur ses volumes d’exportation et sur les prix internationaux.
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