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Congé climatique : pourquoi c'est une mauvaise idée selon Patrick Martin

Photo de Marius Bocquet

Marius Bocquet

Publié le 22 juin 2026 à 14:25

Un congé climatique signifierait "qu'on travaille moins, on produit moins, on a moins d'argent", a déclaré Patrick Martin.

Un congé climatique signifierait "qu'on travaille moins, on produit moins, on a moins d'argent", a déclaré Patrick Martin.

via REUTERS - AFP or licensors - THIBAUD MORITZ

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Le président du Medef, Patrick Martin, a estimé ce lundi que la proposition de congé climatique des Écologistes n'était « pas une bonne solution ». Il a appelé les patrons à être « très précautionneux, très attentifs à l'égard de leur personnel » face à la canicule.

« Une mauvaise réponse à une vraie question ». C'est la réponse de Patrick Martin à la proposition des Écologistes d'instaurer un congé de cinq jours maximum par an pour protéger de la canicule les travailleurs particulièrement exposés ce lundi 22 juin.

Le parti a lancé dimanche une pétition pour réclamer la mise en place d'un tel congé, « si les conditions climatiques vous empêchent d'aller au travail », ou si l'école ferme pour cette raison et qu'on n'a pas de solution pour garder les enfants, a expliqué sa secrétaire nationale Marine Tondelier sur LCI. Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a appelé lui aussi à la mise en place d'un « congé spécifique ».

« Un cercle vicieux » selon Patrick Martin

« Ce n'est pas une bonne solution, a estimé Patrick Martin en marge d'une conférence de presse, car, même si les canicules sont éprouvantes pour les personnes, avant même de l'être pour l'économie, (ce serait) un cercle vicieux ».

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Cela signifierait selon lui « qu'on travaille moins, on produit moins, on a moins d'argent : donc comment va-t-on financer l'électrification, que ce soit des véhicules, des logements, des Ehpad, des écoles, l'installation de pompes à chaleur ? », s'est-il demandé.

Les chefs d'entreprise, a-t-il cependant ajouté, « doivent être très précautionneux, très attentifs à l'égard de leur personnel, adapter les horaires là où c'est possible, revenir peut-être plus que ces derniers temps au télétravail, faire en sorte qu'on distribue de l'eau, etc. Et c'est essentiellement le cas », selon lui. Pour le président du Medef, « on peut craindre (que la canicule actuelle) pèse sur l'activité », sans être encore en mesure de quantifier la situation.

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« Mais ça nous ouvre les yeux sur la nécessité d'accélérer sur tous les dispositifs qui nous permettraient de mieux nous protéger, et de prévenir l'augmentation des températures », a-t-il dit, ajoutant que « la France a de ce point de vue des savoir-faire incroyables ».

Une proposition inspirée de l'Espagne

Cette proposition de Marine Tondelier est inspirée de celle du gouvernement espagnol, qui avait approuvé en novembre 2024 un congé payé climatique de quatre jours après les inondations qui avaient fait 230 morts dans le sud-est du pays.

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Ce dispositif permet aux travailleurs espagnols de bénéficier d'un congé payé par l'État, en cas d'alerte émise par les autorités, qu'il s'agisse « d'une mairie, d'une région ou du gouvernement central », avait expliqué la ministre du Travail Yolanda Diaz.

Si la durée maximum de ce nouveau congé climatique ne peut dépasser quatre jours en Espagne, les entreprises ont la possibilité, passé ce délai, de recourir à des dispositifs de chômage partiel, qui existent déjà en cas de force majeure selon l'exécutif. Selon les spécialistes, « le coût de ce type d'événement pourrait doubler d'ici à 2050 », avait rappelé le ministre de l'Économie Carlos Cuerpo.

« En Espagne, c'est quatre jours. Nous on est partis sur cinq jours, mais à discuter, on est en train d'en discuter avec les syndicats patronaux et des représentants des salariés », avait indiqué Marine Tondelier début mai.

Marius Bocquet

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