La filiale du CNES, spécialisée dans les services satellitaires, a mis la main sur une entreprise australienne. Cette dernière a développé un logiciel de traçabilité, au moment où les entreprises doivent se plier à la réglementation européenne en matière de durabilité.
Nouvelle prise de choix pour CLS. Après l'acquisition en octobre dernier du britannique Ground Control pour se renforcer dans l'IoT satellitaire, la filiale toulousaine du CNES, spécialiste des services satellitaires pour le suivi des bateaux de pêche et des animaux, a annoncé ce mardi le rachat de l'australien NGIS. C'est la 19e acquisition pour CLS en l'espace d'une quinzaine d'années.
Cette nouvelle opération doit permettre à l'acteur toulousain, qui emploie 1 200 collaborateurs sur 40 sites dans le monde, de prendre de l'ampleur en Australie.
« Jusqu'ici, nous avions seulement un bureau de quelques personnes en Australie. Mais il y a 12h de décalage horaire avec la France, c'est compliqué d'échanger au quotidien donc il est important d'atteindre une taille critique importante », explique Sophie Bernard, directrice du développement de CLS qui atteint 220 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Automatiser la traçabilité des matières premières
Figurant parmi les leaders australiens des solutions géospatiales, NGIS emploie 110 collaborateurs et affiche 24 millions d'euros de chiffre d'affaires. Mais au-delà d'une présence accrue sur le cinquième continent, l'acquisition de la société permet à CLS de se positionner sur un segment de marché stratégique. L'acteur a développé un logiciel permettant le suivi en temps réel des flux de matières premières (café, bois, cacao, huile de palme, etc.) pour se conformer à la régulation européenne CSRD en matière de durabilité.
« NGIS a automatisé le calcul des différents critères sur l'intégralité de la chaîne des matières premières depuis leur prélèvement dans la nature jusqu'à l'exploitation de l'usage final. L'outil permet aussi de produire les rapports à destination des autorités compétentes. En cas de non-conformité, les groupes s'exposent dès fin 2026 au risque de pénalités financières », ajoute la directrice.
L'intégration dans CLS va permettre à la solution australienne de se déployer plus facilement d'un point de vue commercial sur le marché européen où les débouchés économiques sont colossaux. Réciproquement, la société toulousaine pourra plus aisément déployer ses solutions vers la zone Australie-Pacifique.
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