La filiale du Cnes vient de décrocher la deuxième phase d’un contrat de près de 100 millions d'euros au profit de l'agence météo indonésienne. Le recours à l'intelligence artificielle permettra d'affiner les alertes précoces en cas d'inondations côtières.Nouveau contrat historique pour CLS. Cette filiale toulousaine du Cnes, spécialiste des services satellitaires pour le suivi de la pêche et des animaux, a décroché en 2020 une première tranche de 43 millions d'euros pour moderniser les outils de météo marine de l'Indonésie. C'était le plus important programme depuis la création de la société en 1986.
Donald Trump jette l'éponge
CLS annonce ce mardi 27 mai avoir été sélectionnée par l'archipel pour accomplir la seconde phase du projet à hauteur de 51 millions d'euros. « Cette étape devait initialement être réalisée par les Etats-Unis. Et puis, lors du premier mandat de Donald Trump, le président a jeté l'éponge en indiquant que financer les pays émergents n'était plus dans ses priorités. C'est donc l'Agence française de développement (AFD) qui assure le prêt au profit de l'Indonésie pour assurer le projet », remémore Sophie Besnard, directrice du développement international chez CLS.
Lors de la première phase du programme, la société toulousaine a déployé plus de 200 instruments d'observation de la météo marine (bouées dérivantes, stations météo, radars côtiers), disséminés sur les 17 000 îles de l'archipel. Ce dernier se dote également d'une suite logiciel pour éditer des bulletins de prévision aux nombreux usagers des ressources maritimes. « L'activité économique en mer est extrêmement importante en Indonésie entre le transport de marchandises, de passagers mais aussi la pêche, l'exploitation de l'énergie marine et le dépôt de câbles sous-marins », rappelle Sophie Besnard.
L'IA pour mieux prévenir les inondations
Avec cette seconde phase du projet, CLS compte implémenter de l'intelligence artificielle dans la suite logicielle de manière à affiner les alertes précoces en cas d'inondations côtières. « La météo fonctionne classiquement sur des modèles déterministes à partir de la mécanique des fluides. L'IA représente un atout majeur pour s'appuyer sur les situations observées dans le passé pour les prévisions. On passe d'une approche déterministe à une approche empirique. L'intelligence artificielle peut affiner les modèles lors de phénomènes assez spécifiques comme les inondations, très fréquentes en Indonésie », décrypte Sophie Besnard.