Le système de défense antiaérienne israélien Dôme de Fer intercepte une salve de roquettes tirées depuis la bande de Gaza, illuminant le ciel nocturne d’Ashkelon (Israël), le 9 octobre 2023.
REUTERS - Amir Cohen
Volkswagen négocierait un accord de production avec le fabricant israélien du Dôme de fer pour son usine en Allemagne
Menacé de fermeture, le site Volkswagen d’Osnabrück pourrait basculer de l’automobile vers la défense. Le constructeur négocie avec l’Israélien Rafael pour y produire des composants du « Dôme de fer ». Un projet de reconversion stratégique soutenu par Berlin pour sauver 2 300 emplois.
L’ancienne usine de fabrication de missiles V1 pour la Wehrmacht de Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale va-t-elle être utilisée pour fabriquer des composants du système israélien de défense aérienne « Dôme de fer » ? C’est le destin ironique qui pourrait arriver à l’usine d’Osnabrück (en Allemagne) de Volkswagen, actuellement en difficulté.
Selon des informations du Financial Times, Volkswagen est en effet en pourparlers avec l’entreprise israélienne Rafael en vue d’un accord qui modifierait la production de l’usine, passant des voitures à la défense antimissile.
Les deux sociétés espèrent sauver l’ensemble des 2 300 emplois de l’usine qui était menacée de fermeture. Elles ont aussi l’ambition de vendre ces systèmes aux gouvernements européens. Le gouvernement allemand soutient activement la proposition, selon une source du Financial Times. Ce partenariat avec Rafael marquerait un retour majeur vers l’armement pour Volkswagen. Le groupe avait notamment produit le V1 et des véhicules militaires pendant la Seconde Guerre mondiale.
90 % d’interception
Le « Dôme de fer », qui n’est qu’un élément du système de défense israélien même s’il en est devenu le symbole, a intercepté des milliers de roquettes depuis sa mise en service en 2011, offrant une protection essentielle en période de conflit.
Il a été largement utilisé pour protéger les sites militaires et civils des tirs fréquents de projectiles en provenance notamment de Gaza et du Liban. Israël a d’abord développé seul le « Dôme de fer » après la guerre du Liban de 2006, avant d’être rejoint par les États-Unis, qui ont apporté leur savoir-faire en matière de défense et des milliards de dollars de soutien financier. Le système a un taux d’interception d’environ 90 %, selon Rafael, qui a participé à sa conception.
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En décembre 2024, Volkswagen a annoncé qu’il allait supprimer plus de 35 000 emplois en Allemagne d’ici à 2030 et réduire sa production dans le pays. L’entreprise avait alors annoncé que l’usine d’Osnabrück ne devrait plus produire de véhicules après mi-2027, en vue d’un « autre usage » de l’usine, sans préciser lequel. Le groupe s’était alors mis à la recherche d’un repreneur.
Coopération militaire israélo-allemande
Volkswagen souffre du ralentissement des ventes et de la concurrence chinoise. Ses modèles à batterie, peu attractifs, freinent sa transition vers l’électrique alors que les coûts salariaux restent élevés.
Israël et l’Allemagne ont renforcé leur coopération en matière de défense ces derniers mois et ont signé en janvier un pacte de sécurité visant à développer leur collaboration dans les domaines de la lutte contre le terrorisme et de la cyberdéfense.
En décembre, l’Allemagne a approuvé une extension de contrat de 3,1 milliards de dollars (2,94 milliards d’euros) pour le système de défense antimissile balistique Arrow 3, de fabrication israélienne et développé avec le soutien des États-Unis.
Un porte-parole de VW a déclaré au Financial Times que l’entreprise était en discussion avec « divers acteurs du marché » mais qu’il n’y avait « actuellement aucune décision ou conclusion concrète concernant l’orientation future » du site d’Osnabrück.