LA TRIBUNE - Vous êtes l’un des principaux soutiens au quotidien des entreprises en France. Comment vivent-elles cette énième crise politique ? Quelles sont les remontées du terrain ?
ALAIN DI CRESCENZO - Nous en sommes au sixième gouvernement en deux ans ! Il faut prendre conscience de la situation dans laquelle nous sommes. L’économie ne peut plus attendre et a besoin de stabilité voire de visibilité. Je suis en train de galvaniser tous les présidents de chambres de commerce et d’industrie pour aller davantage chercher les chefs d’entreprise et les accompagner. Dans cette période, nous devons être dans l’accompagnement de l’économie du dernier kilomètre. Cela me fait penser à ce que nous avons vécu pendant la crise Covid.
Quel regard portez-vous sur la situation économique nationale actuelle ? Craignez-vous d’atteindre un niveau sans retour ? Les redressements judiciaires emblématiques se multiplient ces derniers jours…
Nous allons toucher en 2025 un record des défaillances d’entreprises. Les entreprises sont plus que jamais en difficulté. Sur le plan politique, il y a donc besoin d’agir et vite. D’autant plus que nous avons des solutions. Il faut par exemple avancer sur la simplification, avec laquelle il y a 68 milliards d’euros de valeur ajoutée à libérer selon nos estimations. Sortir une usine en France, comme un commerce de proximité, cela prend en moyenne cinq ans contre 18 mois en Allemagne. De même, que passer de neuf à dix salariés dans une entreprise représente un surcoût global de 25 % pour les sociétés avec les nouvelles obligations administratives générées.