Le temps presse mais l'exécutif européen tarde à protéger sa sidérurgie. Près de sept mois après la présentation de son plan de sauvetage, Bruxelles va enfin passer à l'action ce mardi 7 octobre comme révélé la semaine dernière par La Tribune. À l'occasion d'une session plénière du Parlement européen à Strasbourg, le collège des commissaires va se réunir pour échanger sur le futur mécanisme de sauvegarde européen du marché de l'acier. L'objectif est de réguler les importations asiatiques, voire de les taxer fortement pour donner la primeur aux acteurs européens sur leur marché domestique.
Suivra une présentation du texte auprès des parlementaires européens, avant d'enclencher l'appareil législatif traditionnel, à savoir une adoption à l'identique du texte par le Parlement européen et le Conseil européen (composé des États membres). Les inquiétudes demeurent néanmoins. «Soyons lucides : des intérêts minoritaires s'opposeront à cette mesure de protection. Elle est pourtant salvatrice pour notre sidérurgie », a taclé Stéphane Séjourné lors d'une réunion qui s'est tenue à huis clos mercredi 1er octobre, d'après des propos rapportés par des participants.
C'est au cours de cette réunion confidentielle entre le syndicat des industriels Eurofer et celui des salariés de l'industrie européenne que le Français a dévoilé son ambition en matière de protection de l'acier européen. Celle-ci repose sur un dispositif permanent, qui réduirait de moitié les quotas d'importations autorisés. Les importations qui dépasseraient ces seuils feraient l'objet de droits de douane autour de 50 %, contre 25 % actuellement.