Il y a un an, la perspective d’un « super-cycle » électoral faisait craindre un séisme mondial. En cette fin d’année 2025, le diagnostic est plus complexe : le risque politique n’est plus une crise passagère, c’est devenu la structure même des échanges mondiaux. Entre le protectionnisme transactionnel de Washington, le souverainisme rationnel du Canada de Mark Carney et les fractures polonaises, les entreprises ne naviguent plus à vue mais sous escorte géopolitique.
Longtemps traité comme un bruit de fond statistique, le risque politique est devenu la principale grille de lecture des investisseurs, éclipsant désormais les simples fondamentaux macroéconomiques. Désormais, l’indice de risque politique mondial compilé par la Coface atteint un niveau record, supérieur aux pics de la crise du Covid.
Plus de cent pays présentent désormais un risque politique ou social plus élevé qu’en 2020, signe d’une sédimentation du danger plutôt que d’une crise passagère. Dans le même temps, la croissance mondiale se maintient péniblement entre 2,5 % et 3 %, un « entre-deux grisâtre » qui masque des barrières invisibles : tensions commerciales, incertitude réglementaire et conflits gelés.