La start-up iséroise Mantle8, spécialisée dans l'exploration d'hydrogène naturel, vient d'obtenir une subvention de 2 millions d'euros d'un fonds européen. Cette enveloppe s'ajoute aux 3,4 millions d'euros levés en 2025 qui lui ont déjà permis de gagner en maturité et de changer d'échelle. Avec en ligne de mire, de nouvelles étapes attendues en 2028 et 2030.Les signaux semblent plutôt au vert pour l'isérois Mantle8, spécialisé dans le développement d'une technologie d'exploration d'hydrogène naturel, une énergie bas carbone, locale et souveraine. Alors qu'en France et en Europe, plusieurs projets d'exploration d'hydrogène blanc sont en cours sans que leur pertinence économique n'ait encore été confirmée, la jeune pousse se prépare.
Fondée en 2019 par Emmanuel Masini, la société composé d'une équipe d'experts en géologie développe des outils combinant modèles prédictifs, imagerie souterraine et analyse chimique afin d'améliorer la prospection d'hydrogène blanc ou naturel. Ce, en identifiant plus rapidement et plus précisément le potentiel d'un site et donc son intérêt commercial.
Ce, grâce plusieurs briques technologiques - GeoLogix, APoGhe, Horex et Simul8- que la cleantech entend encore améliorer et déployer grâce à la subvention de 2,06 millions d'euros qu'elle vient d'obtenir dans le cadre du Fonds pour une transition juste de l'Union européenne. Cet accord, soumis aux exigences de suivi et de reporting de l'UE, court jusqu'en 2028 et s'inscrit dans le programme d'investissements de 4,84 millions d'euros lancé l'an dernier par la start-up pour la même période.
2025, année du changement d'échelle
Une enveloppe obtenue grâce aux avancées réalisées l'an dernier. En début d'année 2025, Mantle8 annonçait une levée de 3,4 millions d'euros soutenue par l'un des fonds de Bill Gates. Une somme qui lui a permis de poursuivre le développement de ses logiciels et surtout lancer un premier pilote d'Horex, un système d’imagerie multiphysique assisté par intelligence artificielle, sur le site Hydrogeco, dans les Pyrénées.
« Horex est la dernière brique de notre workflow qui permet d'imager les réservoirs et de mieux caractériser ce qu'il y a à l'intérieur. Nous cherchons des accumulations de gaz en phase libre, c'est ce qui permet de produire plus et avec une pression de production. Aujourd'hui, nous pouvons utiliser des technologies pour voir un réservoir et réaliser un diagnostic de la présence d'un liquide ou d'un gaz. C'est très dérisquant pour la commercialisation derrière », détaille Emmanuel Masini, fondateur et président de la société.