Production d’hydrogène naturel en France : derrière le potentiel, encore beaucoup d’incertitudes
Juliette Raynal
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Alors que la révolution verte promise par l'hydrogène produit par électrolyse de l'eau n'a toujours pas eu lieu, la France pourra-t-elle s'appuyer sur l'hydrogène naturel, celui directement produit par la « machine Terre », pour décarboner son économie ? C'est la question que se pose l'exécutif. Pour tenter d'y répondre, la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) a commandé, début 2024, un état des lieux du potentiel de gisement de ce gaz à l'Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFPEN). Remis au gouvernement en janvier, celui-ci n'a été rendu public qu'en début de semaine, près de six mois plus tard donc. « Si l'on peut tirer une conclusion, c'est que le potentiel d'hydrogène naturel en France est prometteur, mais que beaucoup d'incertitudes demeurent », résume Nicolas Ferrando, chef de projet à l'IFPEN et coordinateur du rapport.
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Aujourd'hui, l'écrasante majorité de l'hydrogène dans le monde est produite à partir de gaz fossile, selon un procédé industriel très émetteur de CO₂. Pour décarboner cette production, de nombreux acteurs tablaient depuis plusieurs années sur l'électrolyse de l'eau. Laquelle consiste à utiliser un courant électrique décarboné pour casser la molécule d'eau (H₂0) afin de séparer les atomes d'hydrogène de l'oxygène. Mais cette technique reste encore extrêmement coûteuse. Et, malgré l'engouement initial et les multiples promesses, la filière reste à l'état embryonnaire tandis que les annonces d'abandon de projets, elles, se multiplient.
Juliette Raynal