Cette année, deux fois plus d’organisations mondiales du secteur privé se sont positionnées pour investir dans une trentaine de projets à travers l’Afrique, lors de l’Africa Investment Forum. Pour les cofondateurs de cette plateforme géante, c’est le moment plus que jamais de mettre à contribution les capitaux privés pour le développement du continent.Depuis le Pacte mondial des Nations Unies lancé en 2000, il est clairement établi que « les entreprises, les investisseurs et les banques du secteur privé ont un rôle décisif à jouer collectivement, aux côtés des États, pour contribuer au succès » des objectifs de développement durable (ODD). Si les initiatives se sont multipliées ces dernières années, les institutions financières multilatérales du continent font tout pour y arriver. « Nous avons réduits les écarts », déclare sur une note de satisfaction Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement (BAD) lors de la clôture à Rabat de l’Africa Investment Forum 2025, dont la BAD est fondatrice aux côtés de plusieurs autres institutions dont Afreximbank et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).
Banques, fonds souverains… misent 15,2 milliards de dollars
Le leader mauritanien évoque les écarts « entre les opportunités et les capitaux, entre les aspirations et les réalisations, entre les secteurs public et privé », à un moment où cette plateforme internationale dédiée au continent a pour mot d’ordre : la mobilisation des capitaux privés pour libérer le potentiel de l’Afrique. Ainsi au terme de trois jours de pitch et négociations la semaine dernière, 32 organisations mondiales du secteur privé - soit le double par rapport à l’an dernier - se sont engagées à miser 15,2 milliards de dollars dans 39 projets bancables à travers l’Afrique. C’est presque deux fois moins que les 29,5 milliards de dollars annoncés à l’édition 2024, mais là-dessus le nouveau patron de la BAD – qui, pour rappel a pris ses fonctions en mai dernier - se veut formel : « ce qui sera important pour nous ne sera pas d’annoncer des chiffres plus élevés chaque année, mais de nous assurer d’avoir des résultats concrets de projets réalisés », dit-il, révélant la création d’un tableau de bord annuel qui présente l’évolution des projets discutés.