Alors que Fibre Excellence, en cessation de paiement depuis avril, est menacée d’une liquidation judiciaire, la filière forêt-bois retient son souffle. Le potentiel rachat par Matthieu Pigasse pourrait éviter l’érosion, par ricochet, de tout un écosystème tributaire du dernier fabricant de pâte à papier de France.C’est une petite lueur d’espoir pour le groupe Fibre Excellence et ses deux usines employant 670 salariés à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône). Mais c’est aussi une issue positive qu’espère toute la filière bois et forêt. Pour produire ses 550 000 tonnes par an de pâte à papier, utilisée pour la fabrication de nombreux produits du quotidien (papier, produits sanitaires, emballages), Fibre Excellence s’appuie également sur un maillage de TPE et PME et génère ainsi quelque 10 000 emplois indirects de la filière forêt-bois-papier. « Fibre Excellence représente 30 à 35% des débouchés de la récolte forestière de bois en région. Sur les 600 000 m3 récoltés chaque année, 200 000 sont destinés à Fibre Excellence », souligne Florent Bigo, directeur de Fibois Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur, l’interprofessionnelle qui fédère les organisations professionnelles du secteur, de la CAPEB à l’ordre des architectes en passant par la fédération nationale du bois.
Un outil « ultra structurant »
Fibre Excellence est donc plus qu’un pilier pour la filière, elle est devenue un indispensable. « C’est un outil ultra structurant de la filière qui est présent depuis des dizaines d'années. Cette stabilité, malgré les hauts, les bas et des crises, est un outil qui permet à la filière d'avoir de la visibilité, aux exploitants d'investir dans du matériel », acquiesce-t-il.
L’ombre d’une potentielle liquidation judiciaire depuis que la société s’est déclarée en cessation de paiement à la mi-avril, après avoir arrêté de faire tourner ses usines en mars, a dès lors de quoi inquiéter les acteurs de la filière forêt-bois. Alors que la direction de Fibre Excellence avait déposé elle-même une offre avec le soutien des régions Occitanie et Sud, faute de repreneur externe, elle a finalement retiré son offre pour laisser la place libre à « un investisseur français sérieux » intéressé au dernier moment. Qui s’est révélé être l'entrepreneur Matthieu Pigasse. Le tribunal de commerce de Toulouse a alors accordé un délai supplémentaire avant de statuer sur la liquidation ou la poursuite d’activité des sites de Fibre Excellence, le 6 juillet. Le repreneur potentiel a ainsi jusqu'au 2 juillet pour déposer une nouvelle offre devant la juridiction.