Recrutement saisonnier : les opérateurs touristiques face à une nouvelle donne
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Lors des années noires post-Covid, jusqu'à 65 000 postes de saisonniers n'avaient pas été pourvus
MMV
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Lors des années noires post-Covid, jusqu'à 65 000 postes de saisonniers n'avaient pas été pourvus
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A deux semaines de l’ouverture de la saison hivernale, les opérateurs touristiques finalisent leur recrutement quand ils ne l’ont pas déjà clos. « C’est la première fois depuis la Covid que nous avons nos équipes aussi tôt au complet », relève Christelle Merciari, DRH de MMV. Spécialiste des vacances clubs à la montagne, le groupe basé à Saint-Laurent du Var, près de Nice (98,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024), recrute chaque année environ 900 saisonniers répartis sur 21 implantations exclusivement situées dans les Alpes françaises. Même constat pour Villages Clubs du Soleil. « Nous sommes en avance par rapport à l’année dernière. Il nous reste une dizaine de postes à pourvoir sur les 230 ouverts en septembre », note Frédéric Klein, DRH adjoint de l’opérateur marseillais qui dispose de 17 résidences dans l’Hexagone, dont 13 en montagne (74 millions d’euros de chiffre d’affaires).
Les années noires post-Covid, durant lesquelles jusqu’à 65 000 postes de saisonniers n’avaient pas été pourvus, sont-elles derrière nous ? « Oui, estime Bruno Mercadal, vice-président de la branche hôtellerie de l’Umih Côte d’Azur, nous virons vers le gris, mais restons encore loin du rose ». Autrement dit, « c’est toujours compliqué mais ce n’est plus critique. » Il faut dire que la profession a su réagir face à l’accident industriel annoncé. « Nous avons évolué sur la fin de la coupure et sur les rémunérations. La défiscalisation des pourboires jusqu’en 2028 est une bonne chose. Toutefois, nous devons allez plus loin. A nous de trouver les pistes d’amélioration pour que nos métiers redeviennent attractifs et ne constituent pas, comme aux Etats-Unis, une sorte de pis-aller. » Avec son corollaire, la perte de compétences.
A cet égard, « la donne a déjà changé. Les compétences techniques chez les saisonniers se sont diluées avec la pénurie de candidatures », constate Jérôme Vayr, président du directoire du groupe marseillais Vacances Bleues (95 millions d’euros de chiffre d’affaires), 27 hôtels et résidences de tourisme à son actif, dont une petite poignée en montagne. De fait, l’opérateur oriente désormais ses critères de recrutement plus volontiers vers les softs kills, à savoir « le comportement, l’accueil et la capacité à anticiper le besoin du client, quitte à former à la technique une fois le candidat intégré ». D’autres cherchent à élargir leurs sources de recrutement. A l’instar de Villages Clubs du Soleil qui a créé en juin un poste de référent handicap pour « faire la promotion de nos métiers auprès d’un public qui nous connaît peu », explique Frédéric Klein.