L’écart salarial entre hommes et femmes reste bloqué à 21,8 % en 2024 selon l’Insee, tandis que les femmes peinent encore à accéder aux emplois les plus rémunérateurs.Les chiffres de l’écart salarial entre femmes et hommes viennent d’être publiés et, surprise… rien ne bouge. À temps de travail égal, les femmes gagnent encore 14 % de moins que les hommes en 2024 contre 14,2 % en 2023. Une inertie qui rend urgente l’accélération de l’application de la directive sur la transparence salariale, pourtant repoussée à 2027, comme le rappelait récemment La Tribune. Et l’Insee, qui publie son étude annuelle jeudi 26 février, souligne surtout un essoufflement inquiétant de la dynamique d’égalité des salaires. En 2024, l’écart ne s’est réduit que de 0,4 % alors que la baisse moyenne atteignait 0,9 % par an entre 2019 et 2023.
La situation se tend encore lorsque l’on compare le revenu des femmes et des hommes, mais tous temps de travail confondus cette fois-ci. Dans ce cas, l’écart passe à 21,8 %, avec un revenu moyen annuel de 22 060 euros pour les femmes, contre 28 220 euros pour les hommes. Un fossé que l’Insee attribue au « moindre volume de travail annuel des femmes, qui sont à la fois moins souvent en emploi au cours de l’année et davantage à temps partiel ».
Reste toutefois que pour le même travail exercé dans la même organisation, l’écart de salaire n’est plus que de 3,6 % en 2024. Un chiffre qui diminue à peine d’une année sur l’autre mais qui révèle une réalité plus subtile : l’accès inégal des femmes aux postes les plus rémunérateurs dans les entreprises. C’est bien là, en définitive, que se loge le cœur du problème.
Les postes rémunérateurs échappent toujours aux femmes
L’Insee explique que les écarts de salaires tiennent à « la répartition genrée des professions ». Autrement dit, les femmes n’occupent pas les mêmes emplois, ne travaillent pas dans les mêmes secteurs que les hommes et accèdent donc moins aux postes les mieux rémunérés. En 2024, les femmes ne représentent que 24 % des 1 % de postes les plus rémunérateurs du secteur privé.