ANALYSE. Après être redescendu aux alentours des 80 dollars, le prix du baril est repassé en moyenne au-dessus des 100 dollars ce jeudi. Le reflet d’une inquiétude profonde des marchés… qui pourrait durer.Les informations à retenir
Pourquoi le prix du pétrole continue-t-il de grimper ?
Le baril dépasse 100 dollars car le blocage du détroit d'Ormuz (20 % du trafic mondial) est jugé durable par les marchés.
Les 400 millions de barils libérés par l'AIE ne couvrent que 20 jours des volumes transitant habituellement par le détroit.
L'Iran évoque une « guerre d'usure » et aurait miné la zone, rendant incertaine toute reprise rapide du trafic.
Rien n’y fait. Malgré le déblocage des réserves stratégiques mondiales de pétrole, soit environ 400 millions de barils, le prix de l'or noir continuait de flamber ce jeudi matin. Après être redescendu aux alentours des 80 dollars hier, le baril est repassé en moyenne au-dessus des 100 dollars (86,60 euros), un prix jugé élevé par les experts.
Ce que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a qualifié de plus grande libération coordonnée de stocks d’or noir de l’histoire n’aura donc pas suffi à calmer les marchés. Et ce, plus de deux semaines après le début de la guerre, qui a abouti au blocage total du détroit d'Ormuz, où transitent 20 % des hydrocarbures du monde.
Et la perspective ne risque pas de s’améliorer, puisque les pays du Golfe réduisent actuellement leur production pétrolière d’au moins 10 millions de barils par jour. Soit « la plus importante perturbation de l’offre de toute l’histoire du marché pétrolier mondial », s’est alarmée l’AIE, dans son rapport mensuel publié ce matin.
Pourquoi, malgré cette mesure d’urgence, les cours de l’or noir ne parviennent-ils pas à se stabiliser ? La faute à plusieurs mécanismes économiques et géopolitiques immuables.
Détroit d’Ormuz : un blocage durable qui pèse sur les cours
Lorsque l’Iran a annoncé en début de semaine qu’il bloquerait tout navire empruntant le détroit d'Ormuz, la première question des analystes a été : pour combien de temps ? Si les investisseurs savent faire preuve de résilience, vient le moment où il faut accepter la réalité, et l’intégrer aux décisions de marché.