Une seule semaine a suffi pour susciter les pires craintes quant à la capacité de la croissance mondiale à résister aux dommages directs et collatéraux causés par le déclenchement de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran.
Pour une raison simple : la dépendance planétaire toujours très forte aux hydrocarbures, pétrole et gaz liquéfié, dont les États du golfe Persique figurent parmi les plus gros exportateurs mondiaux – notamment le Qatar pour le gaz et l’Arabie saoudite pour le pétrole. Sans oublier d’autres matières premières, comme l’aluminium, très précieux pour le secteur industriel. Émirats arabes unis en tête, les pays du Golfe produisent presque 10 % de l’aluminium mondial et en assurent 15 % des exportations totales.
Les chiffres du trafic maritime sur le détroit d’Ormuz, selon la moyenne annuelle enregistrée sur la période 2023-2025, reflètent cette domination. Ce dernier représente un tiers du commerce mondial en pétrole (avec 12 à 13 millions de barils par jour), 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL), dont la Chine et l’Inde sont les premiers clients, 30 % du gaz de pétrole liquéfié, 15 % des produits pétroliers raffinés. Ou encore 30 % de l’engrais azoté : la moitié de la production agricole mondiale en dépend, d’où des craintes sur de possibles « émeutes de la faim » si le commerce ne se rétablit pas rapidement, alors que s’ouvre la période déterminante des semis.