La lutte contre la fraude sociale opérée par l’Urssaf s’est soldée, en 2025, par quelque 77 millions d’euros redressés, principalement pour travail dissimulé, sur les cinq départements de l’ex-Languedoc-Roussillon. Un montant en augmentation constante. De nouvelles formes de fraudes font leur apparition.Près de 77 millions d’euros redressés par l’Urssaf en 2025 sur les cinq départements de l’ex-Languedoc-Roussillon (l'organisme est resté organisé sur l'ancien découpage administratif des régions), soit une hausse de 42,3 % par rapport à 2024 (54 millions d’euros). En dix ans, ce montant a été multiplié par dix (8,1 millions d’euros en 2015), « ce qui ne signifie pas que la fraude augmente mais que les Urssaf sont plus efficaces », affirme ce 12 mars Pierre Ramon-Baldié, directeur régional de l’Urssaf Languedoc-Roussillon.
Si l’URSSAF insiste sur son rôle d’accompagnement des entreprises, sa mission de collecte (10,8 milliards d’euros en 2025 en Languedoc-Roussillon) mais aussi de contrôle vise à s’assurer que les employeurs ou travailleurs indépendants ne s’exonèrent pas délibérément de leurs obligations sociales, contribuant ainsi à remplir les caisses de la sécurité sociale et à préserver le modèle social.
Droit à l’erreur ou fraude délibérée
« Nous avons mené plus de 1 300 actions de prévention en 2025 sur la compréhension des règles de droit, qui sont complexes et évolutives, rappelle Pierre Ramon-Baldié. Le droit à l’erreur existe et la grande majorité des employeurs et travailleurs indépendants est de bonne foi. Mais lorsque la fraude est délibérée, l’Urssaf adopte une posture de fermeté. »
L’organisme explique l’augmentation des montants redressés par un meilleur ciblage (270 opérations ciblées en 2025, dont 97,5 % ont abouti à un redressement), des outils performants, un renforcement et une spécialisation des moyens humains, mais aussi des actions menées en partenariat avec les impôts, l’inspection du travail ou les douanes, « des partenariats dont la dynamique s’est renforcée depuis dix ans en élargissant les échanges de données ».
Selon le Haut Conseil au financement de la protection sociale (HCFiPS) en janvier dernier, la fraude sociale représenterait 14 milliards d’euros par an en France, dont 52 % liés au travail dissimulé, 36 % du fait des assurés et 12 % des professionnels de santé. La déclinaison régionale de cette répartition n’est pas connue mais pourrait être équivalente à la répartition nationale.