Sous l’effet du choc provoqué par le conflit au Moyen-Orient, l’activité française s’effondre au plus bas depuis cinq ans et demi, selon l'indice PMI Flash de S&P Global. La France apparaît comme l’un des maillons les plus fragiles au plan européen.Le choc pétrolier provoqué par le conflit au Moyen-Orient commence à produire ses effets sur l’économie française. Et ils sont brutaux. Selon l’indice PMI Flash publié jeudi par S&P Global, l’activité du secteur privé en France a enregistré en mai son plus fort recul depuis cinq ans et demi. Un signal qui ravive le spectre d’une récession et place les entreprises françaises, notamment les PME, face à une nouvelle séquence de tensions sur les coûts, les marges et la demande.
L’indice composite PMI, qui mesure l’activité du secteur privé, s’est effondré à 43,5 points, contre 47,6 en avril. Bien en dessous du seuil des 50 points qui marque la frontière entre expansion et contraction, ce niveau constitue un plus bas de 66 mois. La dégradation est particulièrement sévère dans les services, dont l’indice chute à 42,9, tandis que l’industrie manufacturière replonge également sous les 50 points.
Pour Joe Hayes, économiste à S&P Global Market Intelligence, l’enquête « dresse un constat alarmant de la santé de l’économie du pays ». L’économiste souligne que « la flambée des prix du pétrole a frappé directement les ménages et les entreprises », alimentant une hausse généralisée des coûts de transport, de production et, in fine, des prix des biens et services. Une analyse qui met un peu plus en valeur les propos tenus, mardi dernier, par Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre, évoquant la crise au Moyen-Orient et ses conséquences, avait alors indiqué que cette situation était amenée à « durer, il ne faut pas mentir aux Français ».