Charles Emond (Caisse de dépôt et placement du Québec) : « Nous devons absolument nous tourner vers l’Europe »
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Charles Emond est le PDG de la Caisse du Québec.
Joe Alvoeiro
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Charles Emond est le PDG de la Caisse du Québec.
Joe Alvoeiro
LA TRIBUNE : Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le 16 juin, vous avez déclaré que le Canada et les États-Unis n’étaient pas des partenaires commerciaux traditionnels, mais des coproducteurs. Et d’ajouter : « On ne pourra pas facilement rediriger toute cette coproduction vers l’Europe ou l’Asie du jour au lendemain ». Concrètement, qu’entendez-vous par là ?
CHARLES EMOND : Aujourd’hui, 70 % des exportations du Canada vers les États-Unis sont des intrants intermédiaires, qui vont dans la chaîne de production américaine, et non des produits finis. C’est ce que j’appelle être coproducteurs et non partenaires commerciaux. Deux tiers des exportateurs canadiens n’ont, en outre, que les États-Unis comme marché international. C’est pourquoi il faut rééquilibrer les choses, rapidement. Le Canada et le Québec doivent absolument se tourner vers l’Europe. Nous aurions dû le faire avant l’accord Etats-Unis-Canada-Mexique. Aujourd’hui, il faut bâtir une chaîne de production. Nous partons de loin, mais c’est nécessaire.
Certes, mais la Caisse investit majoritairement aux États-Unis (40 % de son portefeuille), puis au Canada (30 %) et, seulement après, en Europe (17 %). Allez-vous vous renforcer sur le Vieux Continent ?