Pourquoi la hausse des prix du carburant n'a rien rapporté à l'État français
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Les recettes fiscales liées aux carburants ont en réalité baissé de plus de 80 millions d'euros entre janvier et juin 2026.
CP/ - REUTERS - Charles Platiau
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Les recettes fiscales liées aux carburants ont en réalité baissé de plus de 80 millions d'euros entre janvier et juin 2026.
CP/ - REUTERS - Charles Platiau
Le gouvernement français se félicite de sa gestion de la crisis engendrée par la guerre au Moyen-Orient. Les ménages et les entreprises ont souffert de la flambée des prix des carburants. Pourtant, l'État n'a dépensé « que » 1,4 milliard d'euros en aides, selon le ministre des Comptes publics. Ce montant est « 50 fois moins » élevé que le soutien massif déployé en 2022-2023 lors de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. David Amiel a tenu à le rappeler ce lundi, saluant un « changement de doctrine » dans la gestion de crise.
Un argumentaire étonnant à première vue pour l'État, qui a régulièrement été accusé par l'opinion publique de remplir ses caisses avec les taxes qu'il prélève sur le carburant. Pour chaque plein fait dans une station-service française, Bercy prélève la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) à prix fixe, et la TVA qui correspond à 20 % de la facture. Autrement dit, plus l'essence coûte cher, plus la TVA perçue à chaque passage à la pompe est importante.
Pourtant, la flambée des prix du carburant n'a en réalité pas généré de « cagnotte » fiscale pour l'État.
Bien que chaque litre vendu rapporte davantage à l'État lorsque les prix montent, les recettes fiscales liées aux carburants ont en réalité baissé de plus de 80 millions d'euros entre janvier et juin 2026, comparé à la même période en 2025, car les Français ont fortement réduit leur consommation.
Le prix du gazole, qui s'établissait à 1,72 euro le litre le 27 février, a bondi jusqu'à près de 2,40 euros au plus fort de la crise, soit une hausse de près de 40 %. Depuis l'accord signé mi-juin entre les États-Unis et l'Iran, les prix du pétrole brut sont redescendus autour de 70 dollars (environ 65 euros). Mais les prix à la pompe, eux, restent encore environ 10 % plus élevés qu'avant le 27 février.
Sauf que ce choc a entraîné une baisse de la consommation de carburants de 14 % entre le 1ᵉʳ et le 20 mai par rapport à 2025. Les Français ont réduit leurs trajets, davantage covoituré ou télétravaillé, et cela... au prix d'une récolte de TVA et de TICPE plus faible pour l'État.
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Ces recettes se réduisent au moment où les coûts de l'État flambent. En avril, le Premier ministre, Sébastien Lecornu chiffrait le coût de la guerre au Moyen-Orient à « au moins 6 milliards d'euros ». Un montant confirmé par Bercy en mai.
Le poste le plus lourd concerne le renchérissement de la dette publique, estimé à environ 3,6 à 4 milliards d'euros du fait de la hausse des taux d'intérêt. La France a aussi dépensé plus d'un milliard d'euros lié à l'intensification et à la prolongation des opérations militaires extérieures françaises (Opex).
Le gouvernement cherche à compenser ce choc et à tenir l'objectif de déficit public fixé à 5 % du PIB en 2026. Pour ce faire, il a annoncé le gel d'environ 6 milliards d'euros de crédits : 4 milliards pour l'État et 2 milliards pour la Sécurité sociale.
(Avec AFP)
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