Les Rencontres internationales de l’innovation sociale, qui ont eu lieu à Montpellier, ont interrogé les ambitions et les capacités de l’innovation sociale à changer le système. Et mis en avant trois initiatives à Mayotte, au Québec et en Espagne.L’innovation sociale a-t-elle un avenir ? C’est la question que posaient les Rencontres internationales de l’innovation sociale qui se tiennent tous les deux ans à Montpellier et dont l’édition 2026 avait lieu le 9 mars. Une interrogation qui intervient un peu plus de dix ans après la loi de 2014 sur l’économie sociale et solidaire (ESS) en France, premier laboratoire de l’innovation sociale.
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L’innovation sociale, c’est quoi ?
Armelle Ledan, experte en innovation sociale, redonne le contexte : « L’innovation sociale est passée d’un concept à une pratique, avec des programmes et des dispositifs de financement. Elle s’institutionnalise, mais ces deux mots ensemble continuent de provoquer parfois une réaction épidermique. L’objectif des Rencontres est de faire un point d’étape sur l’ambition initiale : apporter de nouvelles réponses à des besoins sociaux peu ou mal satisfaits ».
Justine Ballon, enseignante-chercheuse à HEC Montréal (Québec), spécialisée en économie sociale, rappelle que l’innovation sociale a pris ses racines au Québec mais aussi en Amérique latine ou en Afrique : « Elle s’est déployée au Québec dans un contexte de crises sociales et économiques amenant notamment beaucoup de chômage, en même temps que des mouvements sociaux qui ont fait émerger la nécessité de porter une transformation sociale ». C’est dans ce contexte qu’ont émergé des initiatives comme les crèches parentales ou communautaires, l’habitat coopératif ou les circuits courts alimentaires.
« Différentes approches existent, centrées sur la participation des usagers pour co-construire une réponse, ou portées par un entrepreneur social comme des services de réinsertion pour des personnes éloignées de l’emploi », précise Delphine Vallade, enseignante-chercheuse à l'université Paul Valéry-Montpellier 3, responsables du master en ESS.