Avec 233 hippodromes et 2,6 millions de visiteurs en 2025, la France demeure une nation hippique. Selon l’Observatoire économique et social du cheval de l’IFCE (Institut français du cheval et de l’équitation), la filière course génère en effet près de 11 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont plus de 9 milliards d’euros issus des paris. Quelque 18 000 courses sont organisées chaque année auxquelles participent 30 000 chevaux actifs. Illustration d’un secteur qui tient encore la corde sans toutefois renouer avec l’engouement d’antan. Et qui s’interroge sur la durabilité de ses activités, entre d’une part une acceptation sociale en recul, tandis que les attentes en matière de bien-être animal augmentent fortement, et de l’autre des considérations environnementales de plus en plus prégnantes. Où l’eau tient bonne part.
« Garantir l’accès à l’eau est devenu un enjeu de pérennité pour notre secteur », alerte François Forcioli-Conti, président de l’Association des Courses de la Côte d’Azur (A2CA). Créée en 1952 à Cagnes-sur-Mer, elle gère l’hippodrome de la Côte d’Azur, deuxième hippodrome de France après Vincennes en nombre de réunions (80 par an), qui vient de se lancer dans la mise en œuvre d’un dispositif de Réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Plus de 700 000 euros sont investis dans ce projet, qui devrait être opérationnel l’hiver prochain, dont 320 000 euros soutenus par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse et 84 000 euros par la Fédération nationale des courses hippiques. Une première pour un hippodrome en France, rendue possible par l’arrêté de décembre 2023 relatif à l’arrosage des espaces verts, qui en élargit les conditions de production et d’utilisation.