L’immigration n’a pas d'effet significatif sur le marché du travail, selon une étude inédite du Cepii. Les seuls perdants sont, à très court terme, les moins qualifiés et surtout les immigrés des vagues précédentes, preuve que l’intégration patine.
Présenté mardi 27 janvier, un ouvrage du Cepii, le principal centre français d'étude et de recherche en économie internationale, dresse la synthèse de cinquante années de travaux consacrés aux effets de l’immigration sur le marché du travail. Invité à la présentation, le chef de la division des migrations internationales de l’OCDE, Jean-Christophe Dumont, salue « enfin des chiffres sur un débat qui agite l’opinion depuis longtemps ».
Le même jour, le ministère de l’Intérieur publiait ses propres chiffres, actant une hausse de 11,2 % de la délivrance des titres de séjour l’an dernier par rapport à 2024, principalement pour les étudiants et pour raisons humanitaires ou familiales. L’argument économique n’arrivant qu’en quatrième position parmi les motifs de demande.
Un paradoxe, tant la question économique domine le débat politique. Le récit d’une immigration qui menacerait l’emploi des Français irrigue régulièrement les discours de certains partis situés à droite de l’échiquier politique. Une affirmation que les économistes Anthony Edo et Hillel Rapoport, auteurs de l’étude du Cepii, déconstruisent d’emblée : « L’immigration n’est pas un élément déstabilisateur du marché du travail. »
Un impact globalement neutre sur l’emploi et les salaires
L’immigration entraîne bien une hausse de la population, mais sans effet sur la rémunération des travailleurs nationaux. Hillel Rapoport, conseiller scientifique au Cepii, l’affirme sans détour dès l’ouverture de la présentation : « On ne trouve pas dans les différentes littératures étudiées que l’immigration fasse baisser les salaires des travailleurs natifs. »
Cette absence d’effet s’explique par les spécificités du marché du travail français, où les mécanismes classiques de l’offre et de la demande fonctionnent imparfaitement. La réglementation des salaires et la présence syndicale viennent rompre la théorie selon laquelle une augmentation de l’offre de travail entraînerait mécaniquement une baisse des salaires.
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