Pour améliorer les processus de restructuration de dette des pays surendettés, et qu’ils aboutissent notamment plus vite, le Club de Paris prône plus de transparence et un meilleur partage d’informations entre les créanciers.
Faire encore mieux pour restructurer la dette des pays surendettés : telle est l’ambition affichée par le Club de Paris dans son rapport annuel publié ce mercredi. Ce groupe informel de 22 pays, dont la France fait partie, a pour mission de trouver des solutions coordonnées et durables aux problèmes de viabilité de la dette de pays incapables de faire face à leurs engagements. Un rôle qu’il tient depuis soixante-dix ans tout juste, puisqu’il a vu le jour en 1956.
L’heure est désormais à l’amélioration des processus, six ans après l’adoption d’un « cadre commun ». Créé en 2020, au début de la pandémie de Covid-19, dans l’optique de restructurer voire d'annuler la dette des pays qui en feraient la demande, ce cadre « a produit des résultats significatifs », selon Thomas Revial, le coprésident du Club, cité dans le rapport. « Plus de 45 milliards de dollars de dette extérieure ont été restructurés » sur ces cinq dernières années, et « les délais de négociation se sont réduits à chaque nouveau cas traité », souligne le responsable.
Le Club met en exergue l'exemple de l’Éthiopie. Deuxième pays le plus peuplé du continent africain avec environ 120 millions d’habitants, sa dette culminait l’année dernière à quelque 30 milliards de dollars (26,4 milliards d’euros). Le pays a signé en 2025 un protocole d’accord avec ses créanciers bilatéraux, au titre de ce cadre commun, pour en restructurer 8,4 milliards de dollars, après seulement un an de négociations.
Le cas éthiopien n’est toutefois pas la norme. Du côté de la Zambie, qui a aussi demandé à bénéficier du cadre commun, le processus de restructuration de la dette n’est toujours pas terminé, alors que les discussions ont commencé il y a six ans. « Certains accords bilatéraux avec des créanciers officiels restent encore à signer », déplore Thomas Revial, faisant état d’éléments toujours « contestés ».
Pour aboutir à des restructurations plus rapides, le responsable appelle à plus de transparence dans la démarche. Actuellement, certains créanciers n’étant pas membres du Club de Paris imposent aux pays qui empruntent des accords de confidentialité. Une politique du secret qu’il souhaite bannir.
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« Le pays débiteur devrait pouvoir partager avec ses autres créanciers les informations relatives au traitement de dette accordé par les créanciers officiels (…) afin de renforcer la confiance et de faciliter les négociations de restructuration », prône Thomas Revial.
Le responsable enjoint en outre les créanciers officiels à accélérer une fois les protocoles d’accord conclus. « Sauf circonstances particulières, les accords bilatéraux devraient être signés dans les douze mois suivant la conclusion du protocole d’accord », estime-t-il.
Le Club de Paris et l’Afrique du Sud (en tant que membre prospectif) détenaient 344,9 milliards de dollars (environ 307 milliards d’euros) de créances à fin 2025, hors intérêts de retard, selon les chiffres du rapport. Un montant en hausse de +6,8 % par rapport à l’année précédente (322,3 milliards de dollars).
Parmi les 141 pays débiteurs auprès du groupe, l’Inde affiche la créance la plus élevée, à hauteur de 38,7 milliards de dollars. Le Bangladesh et la Grèce complètent le podium, avec un montant respectif de 25,2 et 24,1 milliards. Au total, une cinquantaine de pays disposent d’une créance de plus d’un milliard de dollars.
D’après le Club de Paris, la « plupart des pays » ayant actuellement une créance « ne devraient pas solliciter d’allégement de dette dans un avenir prévisible, compte tenu de leurs perspectives macroéconomiques actuelles ». Le groupe revendique avoir réalisé près de 500 traitements de dette depuis sa création en 1956, pour un stock de dette de plus de 600 milliards de dollars.